Il y a probablement eu des tas d'années pourries depuis 50 ans mais je ne me souviens pas d'une seule qui l'ait été autant que 2015, à la fois sur le plan international, national, et familial. Et 2016 ne commence pas vraiment sous de bons auspices quand on voit ce qu'on voit et qu'on entend ce qu'on entend (mes bonnes dames...).
Janvier 2015. J'avais été indignée des conditions de vie des porcelets du voisin. La portée d'une douzaine de gorets pataugeait dans son pré transformé en bourbier glacé. Parmi elle, il en avait un qui ne grossissait pas et dont la peau semblait pendre tant il était souffreteux. J'avais donc envisagé de le récupérer et de le caser dans une ancienne porcherie en dur qui se trouve près de l'ancienne bergerie. J'avais tout préparé et je m'étais engagée à le nourrir. De guerre lasse, le voisin s'était rendu à mon indignation et il avait rentré tout le monde. Cette année, aucun porc n'est à l'extérieur.
Le sort fait à une grande partie de l'humanité me broie les tripes mais plus ça va et moins je supporte celui fait aux animaux.
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| Le pauv' gosse au premier plan, devant sa sœur du même âge |
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| A Grande-Synthe (59) en 2016 : migrants/cochons, même combat ? |
Se souvenir des belles choses ?
Février 2015. Un jour clément ; la fille du même voisin avec ses poneys. J'adore cette enfant, je l'ai connue quand elle n'était encore qu'un rêve dans le ventre de sa mère. Elle vient d'avoir 18 ans, elle est en fac mais dès qu'elle rentre, elle étrille. Le petit équidé a été embauché pour tenir compagnie au grand depuis que la chèvre a été confiée à des personnes plus attentives à son bien-être (j'avais également mis les pieds dans le plat pour la chèvre...).
Mars 2015.
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| Entre deux giboulées : ciel exceptionnel... |
Avril 2015. Le lundi de Pâques a lieu le traditionnel marché militant au bord du lac.
Chaque année je m'en
fais une joie, j'y retrouve tous mes marginaux-pégreleux éparpillés
tout au long des autres jours de la vie dans leur quant-à-soi.
Mai 2015. Mai est le plus joli mois de l'année parce que la pluie n'assure en principe qu'un minimum syndical.
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| Fromages du voisin (le papa des cochons) |
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| Près de la bergerie |
Juin 2015. Il a été assez sec mais très froid. Il y a eu la fête des jardins dont celui de l'abbaye du Relec où j'aime toujours autant traîner (les abbayes et moi, hein...).
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| Je me demande qui avait posé un vieux bonhomme à cet endroit. Au bout de deux heures, je n'ai pas pu m’empêcher d'aller voir s'il était vivant... |
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| Autre jardin, autre fête. |
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Juillet 2015.
Août 2015.
Septembre 2015. Il n'y avait jamais eu autant d'argiopes fasciées, de sauterelles et de pêches. Malheureusement le manque de chaleur et d'ensoleillement n'a pas permis aux dernières de mûrir. Les premières ont bouffé les secondes (les chats aussi qui raffolent des sauterelles).
Octobre 2015. Stage hebdo chez l’ostéopathe du bord de mer et récolte des châtaignes (qui ont encore toutes été piquées par la mystérieuse bestiole qui ne laisse ni traces ni déchets).
Toujours en octobre. Tentative de tour du lac à pied durant les trois jours sans pluie. Il avait été vidé en grande partie pour l'inspection annuelle de la digue et de la tulipe de débordement.
Novembre 2015. Le mois noir.
Décembre 2015.
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| Que les jonquilles soient fleuries pour Noël est habituel ici |
Julle a brûlé une partie de ses moustaches à la flamme des bougies allumées pendant les pannes électriques de décembre. J'ignore s'il y a une relation mais à la suite de ça, elle a refusé de sortir dehors pendant trois semaines.
Le Vagabond des étoiles se pèle dehors mais il refuse toujours le contact rapproché.
Et depuis dimanche, une greffière sauvage et minuscule (qui me semble bien être gravide...) vient lui voler sa bouffe. Je me vois assez mal partie avec tout ça.
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| Julle et mon pensionnaire. Photo prise avec flash (le soir tard) dans l'entrée, derrière la vitre de la porte de la cuisine (celle du dehors reste ouverte sinon monsieur grimpe aux rideaux) |
Alors oui bien sûr qu'il y a eu aussi de belles choses en 2015, de fugaces moments de joie, quelques trucs sympas à vivre, à admirer ou à observer. Mais tout ça n'apporte aucune sérénité durable parce qu'en arrière plan s'incrustent en permanence toutes les détresses, toutes les misères et toutes les indécences. Je n'arrive jamais à en faire l'abstraction. Et ça me bouffe.
Le bonheur ça vaut pas trois mailles
Aussitôt là faut qu'il s'en aille
Alors...
Le bonheur ça n'est pas grand-chose
C'est du chagrin qui se repose
Alors il ne faut pas le réveiller
(Léo Ferré)