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vendredi 9 février 2018

Souvenir



Elle était déjà grande et j'étais encore petite. Dix ans d'écart entre nous.
Papa l'appelait Lola.
Quand il travaillait au loin, sur ses lettres il écrivait toujours : «je vous serre tous dans mes bras,  un doux baiser pour ma tendre Lola ».
Je rédigeais les courriers-réponses à la place de ma mère (oui, à six ans, ça ne peut te faire que du bien, ça t'apprend au moins l'orthographe).
Je n'ai su bien plus tard qu'elle avait pratiquement oublié l'écriture.
Papa répondait collectivement.
Sauf pour elle qui avait droit au baiser unique et de surcroît, doux.

« Elle était brune elle était blanche, ses cheveux tombaient sur ses hanches … »

Elle m'ignorait.
Crapaud noir cachectique mal attifé.
Elle aimait le beau et je n'étais pas assez belle.
D'elle, aucun mot ne remonte en moi, aucun geste.
Elle n'était ni dure ni mauvaise, simplement je n'existais pas dans son regard.
Transparente.

L'hiver de mes six ans, la neige était tombée en abondance. Cour et jardin ressemblaient à un tapis de plumes d'anges qui auraient juste terminé leur mue.
Personne n'avait encore souillé de pas grincheux la virginité nouvellement acquise de la terre.
Elle est sortie doucement et je l'ai suivie, ombre parmi les ombres dans l'air gris.
Cachée derrière le tronc du gros noyer, je l'ai observée.
Elle a enlevé un à un tous ses vêtements ; elle en a construit un petit tas près de la fontaine. Elle a fait un bond en avant sur le tapis en prenant soin de ne y pas laisser trop de cicatrices, elle s'est allongée au cœur de la meringue givrée et elle a fermé les yeux.
Maman sortait de tuberculose, tonton magique était en plein dedans et moi au bord.
Je n'ai pas osé la rejoindre .
Elle n'aurait pas, non plus, voulu de moi.

Je me souviens de l'empreinte laissée par son corps nu, flamboyante trace d'une de seize ans qui ne savait pas les émotions qu'elle était capable de générer.
Ma demi-sœur aînée.

Pour l'état dit civil.

« Remets du rimmel à tes cils, Lola... »

jeudi 8 février 2018

Ailleurs (bis)

Images de ce matin chez ma petite sœur  où les routes n'ont pas été déneigées :




Et images d'hier prises par mon petit parisien qui n'a eu aucun problème
de transports en commun.




Ça fait rêver les petits joueurs, Michel, non ?


mercredi 7 février 2018

Ailleurs

Notre épisode neigeux breton n'aura duré que peu de temps. En revanche ma famille eurélienne croule sous la poudreuse.


Chez ma petite sœur ce matin 


Chez  ma nièce Anne-Sophie 

Chez Clotilde une jeune amie



A Chartres...

Ces deux dernières photos ont été prises par ma nièce Kate, une jeune américaine de Floride dont c'est le premier hiver neigeux en France.

Elle me dit qu'elle a l'impression de se retrouver dans le monde 
de Narnia, qu'elle ne s'en lasserait jamais.

Ici, la dernière fois qu'il a neigé abondamment, c'était en 2010 et
nous avions eu le sentiment de nous retrouver dans les Alpes. 


On ne distinguait plus aucune route et c'était une merveille.
Il n'y avait jamais eu autant de solidarité entre voisins.

Pour autant je suis consciente que la neige n'est pas merveilleuse pour tout le monde...

Je connais encore par coeur, cette poésie de Maupassant  que j'avais apprise en primaire :

...

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

Je sais aussi qu'il n'y a pas que les petits oiseaux qui passent 
leurs nuits dehors...





lundi 5 février 2018

Neige... 1 et 2

Juste :


J'ignore si elle va continuer, si elle va tenir...

J'aimerais bien, au moins quelques jours,


Mardi matin

mercredi 24 janvier 2018

Ô joie

Je sais que certaines régions de France, en particulier celles près de fleuves ou de rivière, ont de gros soucis. Je compatis.

Petit point météo, non pas du jour bien que toutes ces photos aient été prises aujourd'hui mardi, mais du trimestre...

 
Mésanges déprimées prises à 12 h 25 (on voit parfaitement que la troisième se protège)
 


 Chemin à vaches
 Route du lac
 Flotte qui descend du chemin à vaches

 Lac (les campeurs bossaient sur leur radeau)

 Pré dévasté
 A gauche aux panneaux, route qui monte vers chez moi

Toutes les photos qui précèdent ont été prises entre 16 h 15 et 16 h  30 (je précise pour la lumière...)

Je ne sais pas où sont les vaches de mon voisin en ce moment, pas à l'étable parce  qu'elle n'est pas assez grande. N'y sont je crois, que les deux veaux nouvellement nés et  leurs mères. 

Peut-être sont-elles dans la "montagne" où s'il ne pleut pas moins,  c'est beaucoup plus pentu et l'eau peut ainsi s'écouler.

Les prés sont très glissants et il est arrivé par deux fois les années passées, que des vaches s'écartèlent en glissant justement. Elles avaient dues être euthanasiées. Certaines blessures musculaires ou tendineuses ne se soignent pas chez les bovidés.

Toux les prés qui sont en fond de vallon sont inondés.



En rentrant du bourg j'ai rencontré une voisine qui possède des chevaux ( Elle est venue s'installer ici juste avant la rentrée des classes).  Ses pauvres bestioles sont dans la boue jusqu'aux jarrets. Elles n'ont évidemment plus rien à brouter. Elle les nourrit au foin et aux granulés et elle a clôturé une sapinière pour qu'ils soient un plus au sec la nuit.
Elle remet fortement son choix de vie en question.

Ce petit bout de Finistère n'a pas vocation à faire de l'élevage industriel, généralement le bétail reste dehors toute l'année (au moins le jour pour certains paysans équipés de bâtiments importants) parce que les températures sont rarement très basses et  qu'il y a des haies partout pour qu'il s'abrite et de la pluie et des vents dominants.

C'est vraiment une année extrêmement difficile pour les paysans. Tout ça pour dire que c'est d'une tristesse...