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jeudi 30 mars 2017

Une belle personne

A quelques kilomètres de la maison vit une charmante jeune femme qui a ouvert un atelier de créations textiles fabriquées à partir de vieux vêtements ou tissus (y compris d'ameublement), de mercerie ancienne, de fils ou cravates et même d'anciens doudous des gosses.



Elle se fournit principalement dans les antennes du secours populaire locales mais elle accepte avec plaisir les dons des particuliers qui adorent retrouver sur une de ses créations, ces petits bouts de leur vie qu'elle a transformés. Chacun de ces vêtements raconte une histoire transparente ou mystérieuse que font vivre celles qui les portent.

Il lui arrive  d'aller transmettre ses trucs et savoirs à Haïti afin que des gens puissent à leur tour ouvrir boutique et peut-être en vivre.



Elle reverse aussi un pourcentage de ses gains à une association humanitaire locale qui vient en aide à l'enfance en détresse d'un petit village de l'Inde.

Je me demande comment elle arrive à faire tout ça avec ses propres mouflets (quatre) dont le dernier n'est pas bien vieux.

Voilà ce qu'elle arrive à créer avec trois fois rien :










Il y a deux ans,  je lui avais acheté une petite veste-boléro (elle était alors enceinte jusqu'au cou de sa dernière gamine, sa collection comportait le minimum vital, elle était épuisée et elle n'avait rien vendu ce jour-là)  que je n'ai jamais portée. Lors de l'essayage je lui avais dit qu'elle était un peu étroite  des épaules ce à quoi elle avait répondu : t'inquiète, ça va se faire... Ben non ma chérie, le tissus recyclé ne se "fait" pas.

(Aucun des vêtements n'a  de taille précise, on essaie et si ça va, on achète).


Avis aux amatrices, je ne l'ai jamais portée et si vous faites un 38-40 environ, je vous la donne.

(elle n'est pas doublée).







vendredi 4 novembre 2016

Le bel automne

Septembre et octobre ont été flamboyants, très peu de pluie, du soleil la plupart du temps, même les lunes nouvelles n'ont rien perturbé du bel ordonnancement de la nature.

Ma "petite" sœur qui est venue me voir quelques jours,  n'en est pas encore revenue.Elle était restée sur ses visites précédentes où pluie et vent s'étaient accordés pour lui gâcher la vie.

Séjour doux à tous points de vue, mots et gestes de la tendresse retrouvés, rires permis enfin. Grands pans d'enfance qui ont refait surface, les beaux et les moins beaux, mémoire partagée de l'histoire familiale que la "petite" ne connaissait pas ou avait oublié ou que la grande a découvert pour la plus récente.

J'avais fini par oublier comme c'était agréable de jacasser entre filles.



Ce qui reste de la vipérine des Canaries (ou plante à la con)

La récolte de châtaignes a été encore une fois abondante, nous en avons conservé 10 kg épluchées,  le reste a été distribués en l'état aux cochons du voisin qui en raffolent.



Devant la maison de la voisine morte.

Chemin à vaches



Prés du voisin, à 500 mètres de la maison.
En rentrant du bourg.


Toujours en rentrant du bourg...



Pour la première fois, quelques paysans locaux ont semé de la phacélie, cette plante qui sert d'engrais vert et dont la floraison automnale est un enchantement.

C'est presque la fin du houx. Il y a encore quelques années, j'en coupais des brassés pour les fêtes de fin d'année. Réchauffement climatique ?
Bien que la renouée du Japon commence à perdre ses fleurs, elle illumine chaque talus ou chemin.
Symphorine dont on faisait éclater les fruits lorsque nous étions enfants.
Les mouettes sont partout depuis que le maïs a été fauché. Ici, il est broyé, ensilé et il sert de nourriture aux bovins de l'élevage intensif.
Taureau du voisin
Vaches du même
Pudibonde ou patte étendue, une chenille que je n'avais encore jamais vue ici.

Je n'évoque plus jamais les cochons du voisin. Il a en effet pu acheter un terrain de 14 hectares dans la "montagne", juste en face la forêt domaniale. Je n'ai plus à subir leurs nuisances. Ne restent à la ferme, que les nouveaux nés et leurs mères. Dès qu'ils sont sevrés et suffisamment forts, ils rejoignent leurs parcs du "haut".



Au fur et à mesure que les fouilles porcines sont terminées dans un parc, le voisin y sème de la prairie.

Ma sœur est partie hier midi vers son île (et c'est déjà un manque).
Depuis il pleut.

vendredi 31 octobre 2014

Agnus Dei


Il y quelques années, un berger local a décidé de créer une fête pour la transhumance retour de ses brebis (l'aller est fait dans l'intimité), le principe étant de convier la population à accompagner le dit retour au bercail à pied. Il faut y aller et donc en revenir ce qui doit représenter environ 30 km. 


 
Lande où paissent les brebis.
 Les pâturages y sont maigres mais abondants. Le pâturage est une bonne technique de gestion de la lande, il permet à la fois d'éviter l'accumulation de matières sèches au sol et l'embroussaillement (il réduit ainsi les risques d'incendies) et il diversifie et améliore  les gagnages en limitant certaines plantes envahissantes.
Donc on monte dans l'Arrée, le berger, ses potes et les chiens réunissent le troupeau et tout ce beau monde (y compris la population...) descend vers le petit bourg en contrebas où les laineuses bestioles passeront la nuit dans un pré bien riche en herbe avant de retrouver leur bergerie le lendemain.

Généralement la troupe et le troupeau sont accompagnés d'un bagad et de musiciens divers et variés et pour être festif, ça l'est (si on apprécie la cornemuse écossaise...).


Or doncques cette fois particulière, tout s'était bien passé, aucun agneau n'avait eu le culot de naître pendant la descente et les 160 brebis avaient traversé le bourg sans problème majeur.




 Monsieur le Maire leur avait même prêté un pré à lui.

Vers un repos mérité pour les chiens...

Le berger avait posé sa clôture électrique, les chiens qui avaient bossé comme des chefs avaient été raccompagnés à leur ferme et nous étions partis vers le ciné-club (dont j'ai été la co-animatrice jusqu'en 2013) afin de diffuser le traditionnel film d'après transhumance, généralement un truc bien politique qui créé de grosses  tensions afin que le débat qui suit soit animé. Après le doc et en attendant le fest noz,  j'avais décidé d'aller faire une balade silencieuse (parce que la cornemuse ça use) vers l'écomusée. 



Et en passant devant le cimetière...




 Oui.
A ce point.
Partout-partout.
Et ce n'était pas vraiment normal.

J'avais donc cavalé derechef vers la salle de projection pour prévenir le berger et sa clique afin qu'ils viennent remettre un peu d'ordre dans tout ça.
Manquaient évidemment les quatre chiens, ne restait qu'un "tout seul" qui n'avait pu participer à la transhumance à cause d'une blessure à la patte et  la clique était déjà très avinée occupée à la buvette.

L'homme au bâton et le chien blessé avaient  mis plus d'une heure à libérer le cimetière de ses occupants provisoires. Il va sans dire que j'avais été pétrifiée d'admiration des savoir-faire de l'homme et du chien en vase clos.

Dernier coup d’œil
Mais à la sortie du cimetière un seul chien n'avait pas suffit à canaliser le troupeau afin qu'il réintègre le pré et ce dernier avait rejoué à celui qui s'échappe.
Mais dans l'autre sens.
Pour faire simple.
La bergère était donc allée récupérer les chiens fatigués à la ferme et au terme d'une période qui avait paru bien longue (surtout aux automobilistes bloqués), tout était rentré dans l'ordre.

A l'outlaw blanc qui traîne : le règlement  de la transhumance stipule que tous les chiens  doivent être tenus en laisse par leurs maîtres pour des raisons de sécurité... 


Il n'y avait pas eu trop de casse dans le grand jardin pourtant certains parents de chers disparus avaient porté méchante plainte contre le berger et ses brebis égarées. Mais le Très Haut et par l'intermédiaire du curé, avait heureusement absout tout le monde.

Mon héros...
A chaque fois que me prend l'envie de déménager vers un appartement en ville à côté d'un musée, d'un cinéma, d'une bibliothèque ou d'un prisu (et pourquoi pas une boulangerie pendant que j'y suis), je repense à toutes ces scènes qu'offre une vie paumée à bout de brousse rurale et sans lesquelles j'aurais aujourd'hui tant de mal à vivre.

Enfin parfois.

Mais parfois non.