Il y quelques années, un
berger local a décidé de créer une fête pour la transhumance
retour de ses brebis (l'aller est fait dans l'intimité), le principe étant de convier la population à accompagner le dit retour au bercail
à pied. Il faut y aller et donc en revenir ce qui doit représenter
environ 30 km.
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Lande où paissent les brebis.
Les pâturages y sont maigres mais abondants. Le pâturage est une bonne technique de gestion de la lande, il permet à la fois d'éviter l'accumulation de matières sèches au sol et l'embroussaillement (il réduit ainsi les risques d'incendies) et il diversifie et améliore les gagnages en limitant certaines plantes envahissantes. |
Donc on monte dans
l'Arrée, le berger, ses potes et les chiens réunissent le
troupeau et tout ce beau monde (y compris la population...) descend vers le petit bourg en
contrebas où les laineuses bestioles passeront la nuit dans un pré
bien riche en herbe avant de retrouver leur bergerie le lendemain.
Généralement la troupe
et le troupeau sont accompagnés d'un bagad et de musiciens divers et
variés et pour être festif, ça l'est (si on apprécie la cornemuse
écossaise...).
Or doncques cette fois particulière, tout
s'était bien passé, aucun agneau n'avait eu le culot de naître
pendant la descente et les 160 brebis avaient traversé le bourg sans
problème majeur.
Monsieur le Maire leur avait même prêté un pré
à lui.
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| Vers un repos mérité pour les chiens... |
Le berger avait posé sa clôture électrique, les chiens qui
avaient bossé comme des chefs avaient été raccompagnés à leur
ferme et nous étions partis vers le
ciné-club (dont j'ai été la co-animatrice jusqu'en 2013) afin de diffuser le traditionnel film d'après
transhumance, généralement un truc bien politique qui créé de
grosses tensions afin que le débat qui suit soit animé. Après le doc et en attendant le fest noz, j'avais décidé d'aller faire une balade silencieuse (parce que la cornemuse ça use) vers l'écomusée.
Et en passant devant le
cimetière...
Oui.
A ce point.
Partout-partout.
Et ce n'était pas vraiment normal.
J'avais donc cavalé derechef vers
la salle de projection pour prévenir le berger et sa clique afin
qu'ils viennent remettre un peu d'ordre dans tout ça.
Manquaient évidemment les quatre chiens, ne restait qu'un "tout seul" qui n'avait
pu participer à la transhumance à cause d'une blessure à la patte et
la clique était déjà très avinée occupée à la buvette.
L'homme au
bâton et le chien blessé avaient mis plus d'une heure à
libérer le cimetière de ses occupants provisoires. Il va sans dire
que j'avais été pétrifiée d'admiration des savoir-faire de
l'homme et du chien en vase clos.
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| Dernier coup d’œil |
Mais à la sortie du
cimetière un seul chien n'avait pas suffit à canaliser le troupeau
afin qu'il réintègre le pré et ce dernier avait rejoué à celui qui
s'échappe.
Mais dans l'autre sens.
Pour faire simple.
La bergère était donc allée récupérer les chiens fatigués à la ferme et
au terme d'une période qui avait paru bien longue (surtout aux
automobilistes bloqués), tout était rentré dans l'ordre.
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| A l'outlaw blanc qui traîne : le règlement de la transhumance stipule que tous les chiens doivent être tenus en laisse par leurs maîtres pour des raisons de sécurité... |
Il n'y avait pas eu trop
de casse dans le grand jardin pourtant certains parents de chers
disparus avaient porté méchante plainte contre le berger et ses brebis
égarées. Mais le Très Haut et par l'intermédiaire du curé,
avait heureusement absout tout le monde.
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| Mon héros... |
A chaque fois que me
prend l'envie de déménager vers un appartement en ville à côté
d'un musée, d'un cinéma, d'une bibliothèque ou d'un prisu (et pourquoi pas une boulangerie pendant que j'y suis), je repense à
toutes ces scènes qu'offre une vie paumée à bout de brousse rurale et sans lesquelles j'aurais
aujourd'hui tant de mal à vivre.
Enfin parfois.
Mais parfois non.