Un peu avant mon histoire avec Wanda (et à propos des
rencontres virtuelles que nous sommes toutes et tous susceptibles de faire),
il y en avait eu une autre qui celle-là m'avait terrassée.
Pour faire bref, imaginez que je vous annonce comme ça, à froid, que tout ce que j'ai raconté ici depuis le début soit archi-faux, que je sois un personnage de fiction et cerise sur le gâteau, que je sois un mec...
Une jeune femme possédait un blog
(drôle, poétique, coquin parfois et surtout infiniment
féminin) que je commentais régulièrement. Elle était aussi très
présente sur le mien (l'ancien, clos sans tambour ni trompette parce qu'il m'arrive de disparaître de la toile sans laisser de fil...), toujours en délicatesse et en
frôlement : une féline, tendre et délicieuse personne.
Elle m'avait écrit assez rapidement en
particulier et au fil des mois, nous étions devenues très
proches ; elle semblait avoir l'âge de mon fils aîné, elle
aurait pu être la fille "rêvée" que je n'ai jamais
eue.
Bref je l'aimais.
C'est tout moi.
( je m'attache à une vitesse... )
C'est tout moi.
( je m'attache à une vitesse... )
Elle restait très mystérieuse quant à son image réelle mais on pouvait supposer qu'elle était ravissante aussi bien par des photos-reflets prises dans des vitrines qu'elle livrait que par ce dessin d'une célèbre bande dessinée pour lequel elle affirmait avoir servi de modèle.
Un soir je reçois un mail où elle
m'annonce :
Marie, Je crois que
je te dois une petite confidence mais chut... Je m'appelle Alain,
j'habite près de xxx et je suis l'auteur du blog. Quand j'ai tissé de
vrais liens avec quelqu'un, je dis tout, sinon, je laisse planer le
doute, j'aime bien. Mais aujourd'hui je
crois que je te dois cela...
Je lui demande de s'expliquer en même
temps que je lui exprime mon malaise. Elle il répond :
Marie, je comprends ton désarroi.
A priori, je n'ai pas besoin de me
faire exister publiquement en tant qu'Alain.
Sauf que, comme dans ton cas,
lorsque je commence à nouer une relation exceptionnelle avec une
personne de la blogosphère, je ne peux plus rester dans la
fiction littéraire.
C'est douloureux aussi pour moi, ce
moment où il faut révéler l'identité du Père Noël.
Je voulais attendre que tu aies lu
mon livre pour te dire tout ça.
J'ai posé cet acte de sincérité
parce que j'aimerais te rencontrer un jour.
Marie / Alain – Alain / Marie
Je préfère l'acte de
transparence, même s'il est douloureux pour chacun.
Je te présente xxx, 14 ans, ma
dernière fille.
La photo a été prise dimanche
dernier, dans le xxx.
Je t'embrasse.
Alain
ps. Comment va Léon ?
A la lecture de cette phrase :
"C'est douloureux aussi pour moi, ce
moment où il faut révéler l'identité du Père Noël"
je crois que j'aurais été capable de l'étriper le Père Noël, s'il avait été en face de moi.
Je me suis d'abord sentie terriblement blessée, abusée, trompée, humiliée et enfin stupide. Parce que même si je ne lui avais pas raconté ma vie sexuelle à l'imposteur, je lui avais écrit avec mes tripes de fille comme si je parlais à une fille et que j'avais gobé comme une truite tous ses leurres, publics et privés y compris postaux.
Le diable (dont la plus belle ruse, etc. etc.) ne s'habille pas toujours en Prada, ce serait trop facile.
Il avait eu ensuite le culot de m'envoyer un nouveau courrier où il m'invitait à passer quelques jours chez lui pour que nous mettions les choses à plat !
Je me suis d'abord sentie terriblement blessée, abusée, trompée, humiliée et enfin stupide. Parce que même si je ne lui avais pas raconté ma vie sexuelle à l'imposteur, je lui avais écrit avec mes tripes de fille comme si je parlais à une fille et que j'avais gobé comme une truite tous ses leurres, publics et privés y compris postaux.
Le diable (dont la plus belle ruse, etc. etc.) ne s'habille pas toujours en Prada, ce serait trop facile.
Il avait eu ensuite le culot de m'envoyer un nouveau courrier où il m'invitait à passer quelques jours chez lui pour que nous mettions les choses à plat !
Je reconnais à
tout le monde le droit de se créer un personnage de fiction public.
En revanche lorsque la racaille le
personnage s'immisce dans la vie de ses lecteurs (je n'étais pas
allée la chercher chez elle, moi, l'héroïne du monde) et commence
à faire de fausses confidences, il y a de quoi être enragée
très déstabilisée.
Mais c'était quand-même un tour de force incroyable tellement tout paraissait réel et tellement naturel. J'ignore s'il a informé ses lecteurs masculins favoris (évidemment tous raides-dingues de la "Mère Noël") de la sumpercherie.
Si son heure de gloire est maintenant passée, à ce jour "elle" sévit toujours.
Personne ne l'a donc encore assassiné.
Personne ne l'a donc encore assassiné.








