jeudi 9 juin 2016

Remuer le couteau dans la plaie

J'ai été la tutrice légale de mon père jusqu'à sa mort le 26 avril 2011.
En février 2015, soit plus de quatre ans après, un inspecteur des fraudes de la Poste de Paris me téléphone pour me dire qu'un chèque d'un montant considérable (j'ai oublié la somme exacte mais c'était autour de 5000 €) a été émis sur un des comptes bancaires de mon défunt père, compte évidemment clôturé.

Les chéquiers étaient bien sûr  à son nom  avec la mention : sous tutelle de Madame (mon propre nom et mon adresse). Il n'était pas difficile de me retrouver.

Après avoir remis mon dernier compte de gestion au juge des tutelles (en mai 2011), j'avais évidemment détruit les chéquiers des trois banques. Nous nous expliquons avec l'inspecteur, il a l'air de comprendre et ça en reste là.

Quelques mois plus tard, c'est un gendarme de Vernon dans l'Eure qui m'appelle pour le même motif (autre chèque, autre montant). J'explique à nouveau, le mec insiste lourdement, il semble mettre ma bonne foi  en doute,  je lui raccroche au nez. Il ne me rappellera pas.

Je précise qu'aucun de mes interlocuteurs ne m'a jamais donné ni nom, ni numéro de téléphone. Ils appellent tous en numéro masqué.

En décembre 2015, rebelote mais à Louviers, toujours dans l'Eure pour un plein d'essence de 47 €. Ça  se passe bien mais je commence à saturer grave. Je me rends donc à la gendarmerie  locale pour porter plainte. Le jeune type qui m'accueille me dit qu'une plainte ne se justifie pas mais il exige néanmoins :

- l'acte de décès de mon père
- le jugement de tutelle 
- le dernier extrait de compte de la banque dont il est question

Il me demande de raconter mon histoire puis il établit un procès verbal d'audition qu'il transmet avec les pièces ci-dessus au procureur de Brest pour une suite éventuelle à donner. Le proc n'a pas dû juger ça utile puisque je n'ai jamais eu de nouvelles.

Et hier c'est la brigade financière de Seine et Marne qui m'appelle pour deux nouveaux chèques frauduleux dont les montants sont aussi assez considérables. Ça s'est bien passé avec cet officier charmant qui a néanmoins déploré qu'on n'ait pas accepté ma plainte (seulement je le répète, un procès verbal d'audition pour lequel j'avais exigé une copie habituellement jamais délivrée paraît-il) parce qu'il en aurait été informé.

Et celui-là n'avançait pas masqué. Je lui ai donc scanné et transmis le fameux procès verbal ainsi que tous les documents déjà remis à la gendarmerie locale.

Il m'a expliqué que ce fichu chéquier avait probablement été volé dans un centre de tri, que la plupart des vols de chéquiers avaient lieu ainsi. Ils sont ensuite "négociés" par des réseaux très organisés.

Mais pourquoi les indélicats ont-t-ils attendu aussi longtemps pour les utiliser ? Cinq ans c'est long.

Je ne le saurais peut-être jamais même si l'officier m'a promis de me tenir au courant (il avait deux indélicats à auditionner sous le coude, un homme et une femme dont il ignorait encore s'ils étaient les instigateurs ou des utilisateurs).

Un autre question que je me pose. Vous et moi, si nous voulons payer par chèque au Carouf ou chez les Mousquetaires par exemple, on n'est pas les bienvenus. Maintenant toutes les boutiques exigent  deux preuves d'identité et un certain nombre n'accepte que les règlements par carte ou espèces.

Comment ces deux-là ont-ils fait ?

En ce qui concerne le fameux chéquier "volé" et ses chèques émis, les numéros de série sont très éloignés du dernier que j'ai utilisé. Je ne me souviens évidemment plus où j'en étais et les banques en envoient un nouveau dès que la moitié du chéquier est dépassée. C'est peut-être ce dernier qui a été dérobé. Après la mort de papa et la remise du dernier compte de gestion au juge, je ne me suis plus jamais préoccupée de rien puisque c'est le notaire qui a pris la relève.

Depuis des mois je me disais qu'il fallait que je détruise les caisses de documents concernant mes années de tutelle. Après le coup de fil du premier gendarme, j'avais décidé de surseoir. Hier il a fallu que j'y replonge et j'ai aperçu les cartes d'identité et d'invalidité de mon père, comme un couteau dans ma plaie.







15 commentaires:

  1. À peine croyable ...il faut que pareille histoire tombe sur toi !!
    Je dépose juste qq bisous ici et là et je reviens bien vite ...:-)

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    1. Mon mari a aussi été le tuteur de sa mère qui avait la maladie d' Alzheimer ...je sais combien c' est dur et exigeant de donner à chaque instant des preuves de dépenses de çi ou ça ...
      Je sais aussi combien les boites que l' on rouvre sont des boites à poisons tant elles recèlent de souvenirs douloureux qui refond surface dans l' instant ...!
      Récupérer des dettes d' un malfrat si longtemps après qui croirait pareille chose !!
      Quel est le temps imparti pour qu' il y ait prescription ...
      Il y a dans les villes d' anciens avocats à la retraite que l' on nomme " conciliateurs de justice " qui débrouillent gratuitement des affaires parfois compliquées ...peut-être trouverais-tu de l' aide auprès d' eux ...?
      Comment faut-il être et que faut-il faire dans ce pauvre monde pour respirer un peu de paix ...?
      IL n' y a que les gens malhonnêtes qui ont gain de cause et cela me dégoute ...:-(
      De tout plein coeur je t' embrasse en espérant que tout cela finisse par s' arranger ...

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    2. Je n'ai eu aucun problème durant la période de tutelle, vraiment. "Mon" juge était un homme vraiment super et d'une grande humanité qui me recevait dès que j'avais un problème (ou l'idée que je m'en faisais). Et puis il y a des associations tutélaires qui conseillent parfaitement les tuteurs et j'ai eu la chance d'en avoir une très compétente à Brest.

      C'est vrai qu'en tant que tuteur, on n'a pas le droit (ni la possibilité) de sortir de l'argent liquide pour les menus achats mais ça n'allait jamais très loin. En tout état de cause, il faut penser, à chaque dépense, à demander un justificatif et ça devient très vite un réflexe. Et puis quand la personne protégée est un proche, on ne va non plus compter sou à sou ces menus achats.

      Pour cette affaire de chéquier volé, je ne suis pas du tout mise en cause par la brigade financière. L'officier qui m'a téléphoné ignorait qu'il y avait déjà eu des faits similaires, c'est moi qui le lui ai appris. Et il n'y avait eu que le gendarme de Vernon qui avait été d'une goujaterie rare.

      La première fois, j'ai pensé que quelqu'un de la maison de retraite avait subtilisé un chèque dans mon sac à main (je le laissais dans la chambre de mon père quand j'allais le promener) parce que ça s'était déjà produit avec d'autres personnes.

      Tu sais, on ne regarde jamais au milieu ou à la fin d'un carnet de chèques s'il en manque. On ne peut s'en apercevoir que lorsqu'on utilise le chéquier jusqu'à la fin. Mais comme papa est mort, je n'ai pas eu à les utiliser et je n'ai pas pensé une seconde à vérifier. Pourquoi l'aurais-je fait puisque mon compte de gestion était nickel et que tous les chèques émis avaient été débités.

      Et puis ça s'est reproduit...

      Dans cette curieuse affaire, les numéros des chèques volés ne correspondent pas au dernier chéquier que j'ai utilisé (avec les extraits de compte, nous avons pu remonter jusqu'au début du carnet) c'est pourquoi l'officier m'assure qu'il a dû être dérobé en 2011 dans un centre de tri ce qui est très-très fréquent d'après lui.

      Pour moi le truc bizarre, c'est que les voleurs aient attendu aussi longtemps pour l'utiliser. Et cerise sur le gâteau, les numéros des cinq chèques frauduleux ne se suivent pas.

      Le boulot de l'officier c'est (entre autre) de retracer le parcours postal du fameux chéquier pour savoir où il aurait pu être dérobé et par qui. Les deux personnes interpellées semblent n'avoir été que des utilisatrices (on leur a vendu des chèques vierges... ça paraît dingue).

      Donc je ne suis pas dans le coup du tout (même si j'ai le cœur qui bat à chaque fois qu'un flic téléphone à la maison).

      Sinon je peux dire que j'ai fait aussi de bien cruelles découvertes quand j'ai dû réunir et ranger les papiers de mon père au tout début, dans sa maison...

      Avant-hier c'était de retrouver son visage (sur lequel la maladie n'apparaît pas alors qu'il était déjà hors du monde), qui m'a fait peine.

      Il pleut à gros bouillon depuis cette nuit, ça va laver les miasmes de chagrin !

      Doux bisous à toi Mathilde...

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  2. Quel sac de nœuds et en plus il pleut!
    Je n'ose te dire qu'ici on commence à rissoler et que je vais pas tarder à regretter mes nuits douillettes à 12° la couette au dessus des cheveux….
    Pour la première fois Pilou m'a vue dans la piscine,il en a fait le tour en miaulant désesperementdésesperemment!

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  3. Pas moyen de l'enlever ce "désesperemment "désastreux,sinon tout fout le camp
    Bises de soleil

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  4. Tout fout toujours le camp de toute façon, ma mie...

    Tu as bien de la chance qu'un chat essaie de te sauver (la mise ???), la mienne joue en permanence la belle indifférente et le vagabond me fait des douceurs si éloignées que ça vaut même pas la peine d'en parler.

    Il ne pleut plus, il fait grand soleil mais c'est toujours très orageux. Je n'apprécie guère les grosses chaleurs, ça me convient donc parfaitement.

    Je ne comprends pas ce qui se passe avec cette messagerie, j'utilise mon compte privé pour ce com, on verra si ça passe...

    Bises

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  5. Sauver la mise,c'est vite dit…Pilou n'aime guère l'eau,il a voulu sauter sur l'évier a dérapé dans le saladier plein d'eau qui se trouvait dedans,est ressorti tel un diable de sa boîte et a TOUT éclaboussé…
    Bises furtives
    Je te maile perso cette réponse

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  6. Réponses
    1. Elle est apparemment fréquente malheureusement ; ce qui est surprenant c'est ce délai d'utilisation du chéquier volé.

      (et puis j'aime pas qu'on me prenne pour une voleuse !)

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  7. J'ai eu un souci avec un chéquier à moi que j'avais laissé dans une cabine téléphonique alors que j'étais dans tous mes états car je ne savais pas où se trouvait ma fille. Lorsque je me suis aperçu que je ne l'avais plus, j'ai tout de suite fait opposition et même si deux chèques ont été utilisés je n'ai pas eu de problème

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    1. Je crois que j'ai dû mal m'expliquer...

      Admettons que le dernier chéquier utilisé pour la tutelle ait contenu
      des chèques numérotés de 1 à 50, et bien je n'avais utilisé que les numéros de 1 à 25 puisque papa est mort.

      Les banques envoient en principe un nouveau chéquier à peu près à la moitié de celui en cours. Je n'ai jamais reçu ce dernier chéquier et je ne m'en suis évidemment jamais préoccupée, je n'y ai même jamais songé.

      Les chèques frauduleux sont numérotés après le 50 et n'ont été émis qu'à partir de février 2015 soit 4 ans ½ après la mort de mon père pour le premier !

      Je ne vois pas comment j'aurais pu faire opposition sur des chèques dont je n'avais pas connaissance.

      J'ai été agressée une fois et le chenapan avait volé mon sac à main où se trouvait non seulement mes papiers d'identité, ma carte grise, mais aussi mon chéquier, ma carte de crédit et les clefs de la maison (et tous les porte-bonheur offerts par mes fils petits).

      J'avais porté plainte et fait aussitôt opposition. C'est le chien d'un vigile en balade qui avait retrouvé mon sac (uniquement délesté du liquide) dans un champ.

      Le plus difficile dans cette histoire d'agression, avait été de prouver mon identité à des gendarmes bornés...

      Tu sais que durant des mois, ils sont venus à la maison
      me proposer leur press-book des délinquants locaux dans lesquels je n'ai jamais reconnu mon sauvageon.

      Les voisins de l'époque : encore les flics chez la Marie...

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    2. Dès la mort d'une personne protégée, le tuteur est démis de ses fonction et c'est le notaire qui prend la relève.

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    3. J'avais bien compris que ce chéquier n'avait pas été mis en circulation de ton fait et qu'il avait sans doute été dérobé... Je dis que j'ai fait pour ma part opposition. Peut-être pourrais tu le faire d'ailleurs à présent que tu sais que ce chéquier existe et que tu as des n° de chèques ?

      En ce moment j'ai un souci qui ne me concerne pas avec mon frère aîné qui déconne pas mal (pardon mais c'est le terme) surtout de puis qu'il s'est trouvé une nana pas nette 15 mois après la mort de sa femme. Une sorte de gourou maladroit qui se met tout le monde à dos, a supprimé tous les médocs de mon frère, le fait suivre par son médecin bizarre et a la procuration sur son compte alors qu'il est si radin surtout / ses enfants. Il parait qu'il déprime et ne fait même plus de photo (son hobbie)

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    4. Le chéquier ne m'appartient pas (plus). J'ai fait la seule chose que je pouvais faire : aller à la gendarmerie. La banque (une bande d'enfoirés ceux-là) se contente de dire que le titulaire du compte est mort, elle ne donne aucun renseignement. Je ne savais ni qu'il y avait eu un nouveau chéquier mis en circulation ni qu'il avait été dérobé. Le gendarme local n'a accepté qu'un procès verbal d'audition lorsque j'ai voulu porter plainte. Que tout ce beau monde se débrouille, ça ne me concerne plus.

      Au sujet de ton frère, peut-être faudrait-il que quelqu'un de proche
      (ses enfants) porte plainte pour abus de faiblesse. Son ancien médecin pourrait peut-être témoigner.

      C'est arrivé dans la famille de mon mari, une de ses cousines plus qu'à l'aise mais un peu à l'ouest a été dépouillée par une "auxiliaire de vie" qui guettait ses clients dans les pharmacies.

      Il pleut depuis 10 jours ici et pas qu'un peu. C'est déprimant.

      Bonne semaine à toi Lucie !

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  8. Bonne semaine, Marie, la pluie est en train de frapper ma fenêtre, heureusement que nous avons pu jardiner hier !

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