vendredi 8 janvier 2016

Un jour c'est pile, un jour s'efface


Pas très loin de mon trou perdu,  il y a eu une auberge tenue par un magnifique jeune homme. Au temps où j'étais encore dans la vie, j'y étais toujours fourrée pour mes activités diverses et variées.
Chez Fred on était chez nous.
Et puis le succès était très rapidement venu, le bistrot avait été mis aux sacro-saintes normes, agrandi, embelli et toutes ces sortes de choses. On commençait même à parler du taulier dans des revues gastronomiques. Il en avait fait du chemin le petit mec du bistrot des brumes.

Chaque mois s'y tenait un apéro-livres ou chacun-chacune parlait de ses lectures favorites et dont le principe était de faire circuler le bouquin qui avait atteint sa cible par le biais des mots de la présentatrice ou du présentateur.
Le dernier apéro auquel j'étais allée était dédié au livre qui avait enchanté notre enfance et je n'aurais raté ça pour rien au monde  (c'est mon côté mateuse).
La plupart des filles avaient évoqué la comtesse de Ségur née Sophie Rostopchine et ses petites filles modèles. Tout ça minaudait un peu trop pour mon goût,  elles  auraient presque  parlé de leur première poupée et de leurs robes en broderie anglaise des sanglots dans la voix. Enfances protégées. Les anars des Monts d'Arrée sont presque tous issus de familles triées sur le volet, vie culturelle intense et pléthore de bouquins. Moi je n'en ai jamais eus, enfance pauvre, milieu maternel infiniment modeste où le livre était loin d'être une priorité s'il avait jamais existé.
Comme mon grand lecteur de père (issu de l'orphelinat, loués soient les orphelinats qui faisaient entrer la lecture à coup de matraque) était rarement présent, il ne songeait guère à mes manques. Songeait-il seulement à ses mouflets ? Heureusement j'avais une cousine germaine (elle s'appelait Martine la germaine) qui en possédait plein (des livres) et qui me laissait les lire quand j'allais chez elle. Quelquefois même, elle me permettait d'en emporter à la maison.
A l'époque non bénie de mon jeune âge, on recevait encore des « prix » à l'école primaire donc je bossais comme une dingue pour en amasser le plus possible car je savais que ce serait les seuls de l'année. 
Durant ma "cérémonie de clôture" j'avais donc  parlé de "La petite chèvre de Monsieur Seguin, édition Hachette 1953, mon second-vrai-livre-à-moi après Blanche-Neige, édition Hachette 1951 (version Walt Disney), non qu'ils m'aient fait rêver mais parce c'était les seuls albums reçus de toute ma petite enfance, présents de mon père quand il bossait chez l'éditeur précité.
La p'tite chèvre m'a donc appris très jeune que la vie finit mal quoi qu'on fasse, que ce n'est pas la peine de trop y croire et que les contes, c'est du pipi de chat, de la pure mièvrerie ; je n'ai jamais pu gober les chevaliers qui arrivaient sur leur vélo moto cheval blanc pour réveiller les cendrillons princesses gourdasses endormies ou empoisonnées.
Puis je m'étais surprise à dire (relecture et identification adulte) que pour moi, Monsieur Seguin était l'archétype de l'horrible macho-phallocrate.
Ah tu veux aller dans la montagne, tu veux être libre, bah tu vas voir ce que tu vas voir.
Enfermée, cloîtrée, attachée, et dans l'obscurantisme l'obscurité, voilà ce que tu mérites Blanquette, pas plus. Non mais. Me faire ça à moi. Qui t'aime. En plus.
C'était pas un veau la Blanquette.
Le loup ?
Et alors le loup ? Il va me bouffer toute crue ? Et toi tu fais quoi là, mon bon Monsieur Seguin ? Tu m'aides à m'épanouir ? Tu me révèles à moi-même par l'ascétisme et la chasteté ? Par le pieu et la corde ?
Ben tu vois, je préfère 100 loups à affronter, quitte à y laisser ma peau, plutôt que de vivre dans ta bergerie pourrie.
Vivre libre et mourir dans la forêt, avec les champignons mortels et les féroces bestioles, mais sans toi. Lâche-moi les sabots, hein.

Juste après une fille avait parlé de Blanche-Neige, cendrillons princesses gourdasses derechef. C'était tellement beau ce cercueil de verre, ces nains qui pleurent, le prince... « Qu'est-ce que ça nous a fait rêver... »
Moi, re-identification depuis toute petite, brune, mal aimée, forêt, perdue. Des nains j'en avais plein à la maison et si j'avais un rêve dans l'enfance, c'était sûrement pas celui-là.
Parce que Blanche-Neige dès qu'elle arrive chez les demi-portions, la première chose qu'elle fait c'est de prendre le balai, de laver leurs chaussettes sales et de leur faire à bouffer.
Pour moi c'était pas une histoire et puis même si mes nains ont grandi ensuite, pendant longtemps ma réalité n'a pas beaucoup changé.
La seule chose qui m'avait impressionnée dans le conte de Grimm, c'est la sorcière représentée comme elle l'est dans le bouquin.
Dans la chambre de mes parents, il y avait un poêle Godin tout noir avec son foyer rouge. Et quand ma mère m'appelait pour le lever du matin, je devais quitter ma chambre sans chauffage, passer dans la sienne dont les volets étaient encore clos et frôler-bien-obligée, le foutu poêle qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à la reine noire.

J'étais vraiment petite, 4 ans peut-être. Mais cette peur que j'avais, je la sens encore dans les tripes. 

Puis j'avais ajouté que la seule héroïne à laquelle je m'étais identifiée même si j'avais pas de grand-mère sympa, c'était la petite fille aux allumettes  parce qu'elle meurt.
Bien tranquille la môme. Ouais.
Quand j'avais dit tout ça aux gens (pas furtivement mais avec une certaine  vigueur verbale, un autre verre,  Fred s'il te plaît), ils avaient été un peu surpris des traces qu'avaient laissé en moi les contes.

« C'est drôle comme tu vois les choses,  t'es vraiment bizarre comme nana, toi ».


Quelques jours avant Noël, Fred, le beau jeune homme plein de promesses a décidé de mettre fin à ses jours (formule soft pour dire qu'il s'est pendu).  J'avais passé quelques heures avec lui fin octobre. Il n'était pas franchement en forme mais il était souvent comme ça,  inquiet, toujours à cran et le regard perpétuellement fiévreux. Il m'avait dit qu'il regrettait la simplicité de ses débuts et de la clientèle assortie.
Tout ça pour dire que je n'ai rien vu venir et même si nous sommes probablement nombreux à n'avoir rien vu, je n'arrive pas à m'en remettre. Je ne cesse de me dire qu'une main tendue de plus aurait peut-être changé la donne, je n'en sais rien, tout ce que je sais c'est que j'ai le cœur au bord des larmes en permanence, que je pense sans arrêt à sa jeunesse définitivement engloutie, à ses trois gosses et à toutes les promesses qu'il ne tiendra plus.  
Il avait l'âge de mon fils aîné...

En d'autres temps, l'auberge accueillait les traditionnels goûters d'après funérailles
Les printemps des poètes


Et les fêtes à la con...

23 commentaires:

  1. Bonjour Mine de Rien, l’histoire de ce beau jeune homme plein de promesses qui a mis fin à ses jours me bouleverse ..Merci pour ce récit très émouvant, touchant ..je te souhaite tout de même le meilleur pour 2016 ..même si ces mots sont un peu dérisoires .

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    1. Il était tout aussi bouleversant dans sa vie.
      Et tes mots ne sont pas dérisoires. Mais cette année les vœux que j'aurais pu souhaiter me sont restés en travers de la gorge.

      Bises et haut les cœurs, le magicien !

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  2. Tu sais bien, il y a des blessures et des désespoirs impossibles à consoler (oui, Dagerman, c'est mon petit bréviaire). Il me vient plein de pensées pour ce beau jeune homme inquiet que tu sais rendre présent. Et des pensées douces pour toi.

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    1. Je sais...

      Et j'espère que tu plaisantes parce que la lecture régulière de Dagerman, c'est à se foutre en l'air. La première fois que je l'ai lu, j'allais vraiment mal et heureusement que j'étais un peu suivie à cette époque (2005-2006) parce que j'aurais sauté du train en marche.

      Merci de tes douceurs ma belle

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  3. Chienne de vie ...Il aurait du pouvoir lui dire " Je t' aime " ... mais notre monde est parfois si cruel ..
    Je pense à ses gamins et à leur à venir ..?
    Comme je te comprends c' est toujours si terriblement triste un ami qui part ... surtout si jeune ...:-(
    Je pense à toi et t' embrasse coeur coeur

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    1. Je ne pense pas que ça aurait servi à grand-chose tu sais.

      Cette forme d'absence est insupportable...

      Bises à toi Mathilde, et à tout bientôt

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  4. Je ne voyais pas venir non plus la fin de ton récit.... Et je suis émue ! Même les beaux jeunes hommes ont parfois du mal à vivre, c'est ainsi ! Je comprends ton malaise.

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    1. Ça ne devrait pas être ainsi ! Et je n'éprouve pas de malaise mais un énorme chagrin qui aura bien du mal à s'évaporer...

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  5. En parallèle à la douleur, il y a aussi, dans ton récit, ta vision des contes. Et bien qu'elle ne soit pas sans tristesse, elle m'enchante et je m'enchante de m'y retrouver. C'est étonnant, mais "la cabro de moussu Séguin, que se battégue tonto la neui erré lou loup, e piei lou matin lou loup la mangé" est une grande référence de mon enfance. Cette histoire de poudre d'escampette était une belle leçon de courage (elle s'est battue toute la nuit ! toute la nuit pour être libre !), même si prendre le large n'était pas sans risque.
    En contrepoint, il y avait aussi la terrible angoisse du Petit Poucet abandonné par ses père et mère dans l'immensité des bois, et cet ogre horrible qui se trompait et dévorait ses propres filles. On peut dire que ce conte là n'a pas conforté ma confiance dans la parentalité. Et je n'avais pas tort d'être sur mes gardes. Les cailloux dans les poches ne suffisent pas toujours pour se retrouver.

    Comme toi, je détestais ces andouilles de Belle au Bois Dormant, Cendrillon et autres Blanche Neige. En fait, je voulais être cowboy.
    J'aimais bien aussi la Petite Fille aux Allumettes qui mourait doucement de froid dans la neige et qui n'avait plus de parents (et je me demandais comment elle pouvait bien se réchauffer avec le feu d'une allumette, ce qui me plait dans l'esprit d'enfance c'est ce mélange entre la croyance et le pragmatisme).
    Les contes sont une mine d'or.
    Pour toi, la sorcière consume ? Pour moi elle dévore (note que le résultat final revient au même).

    Merci de ton récit qui fait ce lien entre l'enfance et ses blessures, la vie quand même, ou l'impossibilité de vivre.

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    1. Je t'écris plus tard, la soupe, le Vagabond, le mari, etc. etc. etc.

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    2. J'ai encore l'album de la cabro du moussu macho... Les illustrations sont merveilleuses et la dernière d'un réalisme effrayant. J'en ferai une photo.
      Pour le Petit Poucet, je me souviens m'être souvent demandé comment on pouvait aller perdre ses mômes dans la forêt par affection. Et je me posais la même question que toi pour la gamine aux allumettes, j'ai d'ailleurs failli mettre le feu en faisant une tentative de réchauffement...

      Les contes pour petites filles ne m'ont jamais permis de m'y retrouver ou de me construire une quelconque identité, ils n'ont pas été thérapeutiques comme l'affirme Bruno Belletheim. Peut-être parce que dans ma réalité ça ne finissait jamais bien. Et les andouilles me paraissaient d'une naïveté (et d'une bêtise) incommensurable. Il me semble qu'à 6 ans j'étais déjà bien plus mure qu'elles.

      Ce qui nous donné matériellement (cailloux compris) ne nous permet pas de nous trouver, il me semble qu'il n'y a que l'attention et l'amour reçu (et partagé) qui puisse nous le permettre. Tout le reste c'est du pipeau. Et le pire, même si l'amour est moyennement dispensé, c'est la trahison.

      Ce que nous avons reçu ou pas nous a fait de toute façon telles que nous sommes aujourd'hui. Je regrette tellement d'avoir toujours fait les choses contre mon père sans imaginer un instant que c'était moi que je punirais à perpète.

      Je me demande aujourd'hui si j'avais des rêves quand j'étais petite, je ne m'en souviens pas. Vers 12-13 ans oui, j'aurais aimé être la fiancée de Robinson Crusoë ou bien partir avec London ou Curwood. Pour l'espace et surtout la respiration...

      As-tu lu « La consolation des grands espaces » de Gretel Ehrlich ?

      Merci à toi...

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  6. J'ai eu la chance de rencontrer Fred en 2013, ce fut bref mais sa personnalité unique m'a marquée et j'espérais bien retourner un jour par là-bas. Il avait su mettre de son âme dans son auberge et ses plats.
    Je suis choquée et tellement triste d'apprendre son décès aujourd'hui...
    Je continuerai à penser à Fred chaque fois que mon regard se posera sur l'oeuvre d'Edouard faite pour lui.

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    1. Je suis tellement contente de ton témoignage.

      J'ignore si tu l'as ressenti, mais c'était un être infiniment généreux. Il était capable d'oublier une réservation mais de cuisiner un plat incroyable pour se faire pardonner. Et puis il y avait ce qu'il était en dehors de la salle...

      Mettre de son âme dans tout ce qu'il faisait, c'est tout à fait ça.

      Merci, vraiment de ta visite.

      Marie

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  7. Oh, aussi peu que je l'aie vu, il était impossible de ne pas remarquer sa générosité ! Elle transparaissait dans son attitude, son regard, ses plats... Les qualificatifs que j'avais écrits à l'époque, concernant sa cuisine *donc* sa personne : généreuse et magnifique.
    Pour vaincre mes dernières hésitations, il avait dit en riant de ne pas m'en faire parce que les Français étaient toujours en retard. J'aurais tant aimé qu'il ait raison et ne décide pas de partir ainsi en avance...

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    1. Peut-être fallait-il posséder une sensibilité que tout le monde n'a pas pour ressentir tout cela ?

      Au delà de sa cuisine et de sa personne publique, il y avait un être infiniment fragile et perpétuellement tourmenté.

      Mademoiselle Lynxxe a raison quand elle dit qu'il y a des blessures et des désespoirs impossibles à consoler, je ne connaissais ni les uns ni les autres, je ressentais seulement cette fragilité de cristal dont peu de gens se rendaient compte.

      Je garderai en moi ces soirées incroyables du premier bistrot des brumes où il observait des poètes de quatre sous déclamer aux printemps dédiés, tout sidéré que ça se passe chez lui.

      Un des poèmes dit durant une de ces soirées (la photo a été prise chez lui) et dont le texte, si tu arrives à le lire, me semble aujourd'hui parfaitement correspondre aux chagrins qu'il a laissés en nous quittant.

      (tu cliques sur poèmes)

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  8. Ses yeux disaient la fièvre et l'urgence de vivre. Merci pour ce poème qui m'a
    émue aux larmes.
    Dans un geste un peu dérisoire, j'ai allumé une bougie pour lui. Je pense à toi et à tous les inconsolables qu'il laisse.

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  9. Oh non, cela fait la deuxième fois que j'écris et tout s'efface en 1/100ème de seconde! Zut.

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    1. C'est pas grave Thérèse...
      Parfois on a la main ou le poignet qui traîne un peu on ne sait où et ça arrive.

      Mais tu sais, que ce soit ici dans les commentaires ou sur un traitement de texte, il y a dans le menu tout en haut le mot "Édition". Tu poses ton pointeur de souris dessus et tu cliques
      sur annuler : et ça annule l'effacement. Tu peux cliquer plusieurs
      fois jusqu'à ce que tu aies tout récupéré.

      Le mieux quand on a un commentaire un peu long ou un autre texte à rédiger, c'est d'utiliser l'éditeur de texte et d'enregistrer au fur et à mesure qu'on tape (tu fais contrôle + s - tu ne tapes pas le + seulement contrôle et s, en même temps).

      Mais je comprends ta rage !

      Je t'embrasse fort...

      Les raccourcis clavier, c'est vraiment utile.

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  10. Oh non, cela fait la deuxième fois que j'écris et tout s'efface en 1/100ème de seconde! Zut.

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  11. Bonsoir Marie

    J'ai beaucoup pensé à toi, aux monts d'Arrée, Où tu dis rouiller sur pieds par l'humidité constante, parce que ces derniers jours nous étions noyés ou presque, tant le ciel nous a arrosé... et l'arthrose s'est réjoui!
    En fait, j'avais vu ton long silence et je me doutais bien que l'époque des voeux n'était pas au goût du jour pour toi
    Je suis désolée de cette perte qui t'affecte... même les beaux jeunes hommes s'en vont sans dire au revoir, parfois
    Quant aux contes, souvent traumatisants, méchants, donneurs de leçons... moi aussi, je n'en ai pas eu beaucoup en livre de chevet...mais remarque que je n'avais pas non plus de lumière!!!
    Plein de bisous Marie

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    1. Bonsoir Maryse,

      Je compatis à ta noyade... Je ne pense pas que quiconque se rende compte de ce qu'il peut descendre ici. Pas forcément comme chez toi, mais en continu, jour après jour, nuit après nuit, semaine après semaine, mois après mois. C'est lancinant.

      Depuis des semaines le jardin (le marais ?) est impraticable et comme presque chaque hiver, l'eau souterraine qui descend de la "montagne" a envahi la réserve à bois.

      Je crois que le climat (flotte, brume et vent) local peut gravement endommager l'esprit des êtres fragiles. La météo annonce de la neige pour lundi, elle ferait pas mal de rappliquer la neige, pour gommer toutes les laideurs...

      P'tie chérie qui n'avait pas de lumière... J'habitais la ville, il y en avait partout.

      Plein de bisous à toi aussi ma jolie

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  12. "Un jour c'est pile, un jour s'efface"... Ah si on pouvait supprimer ce que certains jours ont dessiné ou écrit, si on pouvait les formuler ou les repeindre autrement, comme des palimpsestes...
    Tu as beaucoup de talents pour de tes souvenirs tirer des nouvelles qui sont bâties avec un début et une fin avec au milieu de quoi noyer celui qui te lit. Car peut-être que si la fin n'avait été inattendue aurait-on quitté la page ? Car ce que l'on ne sait pas ne peut exister, n'est-ce pas ? Dans la vie, les histoires ne se réécrivent pas, elles s'interprètent seulement et la mort si elle n'est pas un point final est toutefois définitive...

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    1. Pardon pour la noyade Lucie...

      Même si demeurent longtemps en nous les souvenirs des moments flamboyants, la mort a toujours été pour moi, un implacable point final.

      Mais comme j'aimerais que certaines histoires puissent être réécrites, que l'attention portée aux êtres ait été plus vive.

      Ce qui me déchire dans la mort, ce sont tous ces oublis qui ne vont pas manquer de survenir.

      "Avec le temps va, tout s'en va on oublie le visage et l'on oublie la voix".

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