Ils n'étaient pas manouches.
Après avoir été
routier international durant 25 ans, le conducteur de l'attelage (il a 52 ans),
chômeur et ancien alcoolique (le second étant probablement le
préalable au premier) a décidé de prendre le trimard. Sa guérison
passait probablement par ça, une forme de dépassement de soi parce
que ça ne doit vraiment pas être facile ni physiquement ni
psychologiquement de vivre ainsi.
Il est d'origine picarde mais il
vivait dans le Jura. Il m'a dit que ce sont ses trois enfants qui l'ont
incité à partir (la femme n'a pas commenté au sujet des enfants,
elle semblait complètement en dehors de ça c'est pourquoi j'ai pensé que ces grands gamins n'étaient pas les siens). Il a vendu sa maison pour s'équiper. Il perçoit le RSA. La femme n'a pas évoqué sa vie d'avant, elle a juste dit qu'elle l'accompagnait la plupart du temps depuis quatre ans parce qu'elle avait peur qu'il ait un nouvel accident.
J'ai beaucoup plus parlé
avec sa compagne qu'avec lui ; je l'ai trouvée plutôt triste
(ou désenchantée) et surtout très lucide sur le prétendu sentiment
de liberté affiché par son homme. Il m'a semblé aussi qu'elle
aurait eu très envie de se confier en solo.
La plupart des gens qui les approchent idéalisent évidemment leur vie m’a-telle dit, parce qu'ils ne se rendent pas compte de toutes leurs contraintes et des siennes particulièrement (la roulotte, la bouffe, les courses, le linge etc. et puis aider l'homme, le tout sous la flotte, dans la boue et le froid la moitié de l'année au moins). Rien que l'eau pour les chevaux, c'est une épreuve de force. Un cheval boit de 20 à 60 litres d'eau par jour en fonction de son alimentation et de son activité physique. Ça en fait des bidons à remplir et à porter.
J'ai aussi oublié de demander ce que mangent les juments (ce sont en fait des traits comtois pas des traits bretons, plus légers) en dehors de l'herbe des pâtures parce qu'il leur faut aussi du "sec" pour l'énergie.
On me dit que les hommes font très souvent les gros travaux et qu'on les trouve aux rayons des outils, dans les grands magasins. Je ne réponds pas à ces choses-là, parce que les gros travaux, c'est du sport pour les hommes. Couper des arbres c'est un genre de sport, ce n'est pas un travail. Un homme de force moyenne, de taille ordinaire, si on lui dit ce qu'il faut faire, il le fait. Laver deux assiettes, il le fait, faire les courses, il le fait. Il a cette tendance désastreuse de croire qu'il est un héros quand il achète les pommes de terre. Mais peu importe.
On me dit que j'exagère. On me dit tout le temps : Vous exagérez. Vous croyez que c'est le mot ? Vous dites, idéalisation, que j'idéaliserais la femme ? C'est possible. Ça ne lui fait pas de mal à la femme qu'on l'idéalise.
Ils roulent 15 à 20 km par jour puis ils s'arrêtent pour que les juments se reposent (l'une d'elle est pleine et les trois tirent presque 3 tonnes parce que derrière la roulotte il y a une grosse remorque). Ils doivent négocier pour trouver un terrain communal où faire paître les filles (et le clôturer), négocier un endroit où installer leur coquille pour la soirée et la nuit (les parkings voitures leur sont interdits), ils doivent négocier pour tout en fait. Les mairies ne sont pas toutes accueillantes.
La plupart des gens qui les approchent idéalisent évidemment leur vie m’a-telle dit, parce qu'ils ne se rendent pas compte de toutes leurs contraintes et des siennes particulièrement (la roulotte, la bouffe, les courses, le linge etc. et puis aider l'homme, le tout sous la flotte, dans la boue et le froid la moitié de l'année au moins). Rien que l'eau pour les chevaux, c'est une épreuve de force. Un cheval boit de 20 à 60 litres d'eau par jour en fonction de son alimentation et de son activité physique. Ça en fait des bidons à remplir et à porter.
J'ai aussi oublié de demander ce que mangent les juments (ce sont en fait des traits comtois pas des traits bretons, plus légers) en dehors de l'herbe des pâtures parce qu'il leur faut aussi du "sec" pour l'énergie.
On me dit que les hommes font très souvent les gros travaux et qu'on les trouve aux rayons des outils, dans les grands magasins. Je ne réponds pas à ces choses-là, parce que les gros travaux, c'est du sport pour les hommes. Couper des arbres c'est un genre de sport, ce n'est pas un travail. Un homme de force moyenne, de taille ordinaire, si on lui dit ce qu'il faut faire, il le fait. Laver deux assiettes, il le fait, faire les courses, il le fait. Il a cette tendance désastreuse de croire qu'il est un héros quand il achète les pommes de terre. Mais peu importe.
On me dit que j'exagère. On me dit tout le temps : Vous exagérez. Vous croyez que c'est le mot ? Vous dites, idéalisation, que j'idéaliserais la femme ? C'est possible. Ça ne lui fait pas de mal à la femme qu'on l'idéalise.
Ils roulent 15 à 20 km par jour puis ils s'arrêtent pour que les juments se reposent (l'une d'elle est pleine et les trois tirent presque 3 tonnes parce que derrière la roulotte il y a une grosse remorque). Ils doivent négocier pour trouver un terrain communal où faire paître les filles (et le clôturer), négocier un endroit où installer leur coquille pour la soirée et la nuit (les parkings voitures leur sont interdits), ils doivent négocier pour tout en fait. Les mairies ne sont pas toutes accueillantes.
Parfois ils tombent sur
des particuliers généreux et arrangeants mais d'autres fois ils
sont obligés de reprendre la route alors que tout le monde aurait
bien envie de lever le pied ; la nuit tombe tôt en ce moment et les difficultés s'accroissent d'autant.
Lui m'a semblé être en
"représentation publique" alors qu'elle paraissait plus fermée, plus discrète. Quand
il conduit l'attelage elle passe son temps dans la roulotte, je n'ai pas osé
lui demander ce qu'elle y faisait des heures durant. Si l'intérieur
possédait le minimum vital, l'espace était sombre, évidemment
très exigu et forcément encombré. Ma claustrophobie même relative n'aurait pas
supporté.
Leurs échanges avec les
populations sont limités et ça lui manque à elle de ne
pas pouvoir parler d'autre chose que de l'attelage et de la route parce que pour tout le monde son mec est un cow-boy, une sorte de héros.
Elle, elle suce les roues si je puis dire. J'ai eu l'impression que
son amour à lui (mon cœur par ci – mon cœur par là) avait parfois l'air
de l'emmerder grave. Si
elle ne l'accompagnait plus, peut-être qu'il ne serait plus rien. (Je ne suis sans doute pas juste avec lui parce que je me projette en tant que femme dans cette vie que je n'aurais pas aimée et qui est un bagne déguisé).
Mais peut-être que la femme sécrète son propre désespoir tout au de ses maternités, de ses conjugalités. Qu'elle perd son royaume dans le désespoir de chaque jour, cela au cours de toute sa vie. Que ses aspirations de jeunesse, sa force, son amour s'écoulent d'elle par justement les plaies faites et reçues dans la plus pure légalité. Peut-être que c'est ainsi. Que la femme relève du martyre. Que la femme complètement épanouie dans la démonstration de son savoir-faire, de sa sportivité, de sa cuisine, de sa vertu, elle est à jeter par les fenêtres.
Mais peut-être que la femme sécrète son propre désespoir tout au de ses maternités, de ses conjugalités. Qu'elle perd son royaume dans le désespoir de chaque jour, cela au cours de toute sa vie. Que ses aspirations de jeunesse, sa force, son amour s'écoulent d'elle par justement les plaies faites et reçues dans la plus pure légalité. Peut-être que c'est ainsi. Que la femme relève du martyre. Que la femme complètement épanouie dans la démonstration de son savoir-faire, de sa sportivité, de sa cuisine, de sa vertu, elle est à jeter par les fenêtres.
Elle m'a dit aussi qu'ils croisaient souvent de vrais manouches en roulotte à cheval comme eux mais que ces derniers bougent dans un périmètre assez restreint. Ils planteraient des osiers un peu partout au bord des routes et passeraient régulièrement pour en couper les tiges afin de faire des paniers.
Mais quand
j'ai aperçu l'équipage sous la bruine, j'ai eu l'impression d'avoir été transportée
des années en arrière sur les routes du rêves, quand mon oncle Henri m'emmenait sur le terrain des gitans et des nomades de Chartres
(je me demande ce que penseraient les femmes manouches de Marguerite
Duras, tiens...).
Texte en rouge : extraits de "La maison" - La Vie matérielle de Marguerite Duras (entretiens avec Jérôme Beaujour).
Texte en rouge : extraits de "La maison" - La Vie matérielle de Marguerite Duras (entretiens avec Jérôme Beaujour).
Vrais manouches (sauf la petite blonde, une jeune
chanteuse bretonne avec laquelle ils avaient fait un bœuf).
Une vie de nomade, une vie de manouche que d'aucuns idéalisent comme vous le dites Mine Derrien. la vie des gens du voyage n'est pas rose tous les jours , ils sont encore trop souvent mal perçus par la soit disant "bonne société". J'aime bien leur manière de jouer de la guitare et les fêtes qu'ils organisent ; Un joli billet qui fait gamberger sur nos chances .
RépondreSupprimerMerci Jerry... Il faut absolument que j'aille t'écouter.
SupprimerMoi qui ai toujours eu du mal à effeuiller " La Marguerite " tu me donnes une furieuse envie de lire ce bouquin
RépondreSupprimerJe te mets en Mail une photo souvenir de retour de vacances ...quand je doublais la roulotte dont tu parles ...le chien leur ouvrant le chemin sur le bord de la route ...!!
Bisous ma Mine ...porte toi bien
Ta photo est une merveille !
SupprimerLa partie du bouquin qui traite de la maison n'est pas la plus longue, tout un tas de sujets parfois déjà évoqués dans ses romans y sont abordés.
Bisous Ma-Thilde
J'adore votre texte, je suis plus nuancée sur Marguerite qui n'a pas du voyager en roulotte, mais elle avait beaucoup d'imagination même pour raconter sa propre vie.
RépondreSupprimerCette errance me semble fort triste..
Supprimer"Cette errance me semble fort triste." : oui, c'est que j'ai tenté d'exprimer.
Peu importe que Marguerite n'ait jamais voyagé en roulotte (moi non plus...). J'aime ce genre de femmes qui provoquent et déchaînent les passions, qui ont su rester amoureuses sans tabou jusqu'au terme de leur vie comme aussi Colette.
Tous les livres de MG sont des romans, elle y écrit donc ce qu'elle veut même si sa vérité n'est pas forcément la nôtre. Et puis je dois avouer qu'il m'arrive parfois de préférer la femme à l'écrivain, j'adore sa voix).
On ne sait pas pourquoi on aime : parce que c'était elle, parce que c'était moi ?
Et quand elle écrit : « Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter. »
Je la rejoins totalement -;)
Bises furtives pour toi
RépondreSupprimerC'est vraiment du furtif en ce moment ma chérie (soupir)
SupprimerJ'hiberne,enfin j'aimerais bien car je vois tout en noir ces jours ci et avec le goût de cendres dont tu parles,il faudrait aussi se laver la bouche.
SupprimerC'est une idée,une petite lampée de Gewurstraminer,le vin me fait dormir....et hop c'est le printemps!
Un soulagement hier,Phœbus a fait une fugue de près d'une journée ,cela n'était jamais arrivé depuis qu'il a pris ses aises à la maison,on a eu très peur mais il est revenu tout pimpant hier soir.Une ancienne amoureuse lui manquait peut-être?C'est la belle saison pour les concerts nocturnes,il lui restait peut-être quelques réminiscences...
Bises du coin du feu
Il y a des raisons de voir tout en noir, j'angoisse aussi terriblement mais la politique de l'autruche n'arrange rien (et ne remonte guère le moral).
SupprimerDepuis des années on ne vote plus pour un candidat on votre contre un autre et c'est désespérant.
Si actuellement on pouvait faire du prosélytisme pour une liste nettement au dessus du lot mais ce n'est pas le cas puisqu'il n'y en a aucune (il y en a seulement de moins pires). Et comme ils se bouffent tous le nez, je ne vois pas comment ils vont s'en sortir au second tour.
Les électeurs qui veulent punir le pouvoir en place se trompent de punition, les régions n'ont pas le pouvoir d'intervenir pas sur les élucubrations habituelles véhiculées par l'extrême droite. Mais comment le faire comprendre ?
Alors, entre la salade et la rhubarbe, je donne la palme à :
"Mais c'est pas parce que vous voulez renverser la table que vous descendez de la voiture dont vous vous abstenez de choisir le chauffeur"...
Quand un ancien président s'exprime ainsi, il y a vraiment de quoi s'inquiéter.
Alors ou bien on fait suicide collectif, ou bien on boit un coup, tu as raison !
Je n'ai pas de Gewurstraminer sous le coude mais je vais bien trouver quelque chose d'autre à la cave (et à 20 heures on trinque).
Les chats castrés gardent longtemps des hormones titillantes il me semble (mon Léon qui n'avait pourtant jamais connu l'amour, était quand-même très entreprenant par moment).
A la nôtre ma chérie
Comment veux tu que je te dise tout ce que m'inspire ton texte, su=i dense, touffu avec plein de tiroirs ?
RépondreSupprimerJ'avais regardé les juments elles m'avaient bien fait penser au comtois mais les deux races se ressemblent pourtant il est vrai que venant du Jura le comtois y est répandu et élevé >
http://cergipontin.blogspot.fr/search/label/cheval%20de%20trait%20comtois
J'en ai vu une de jument Comtoise en Ardèche (je n'ai pas publié les photos sur Cergipontin mais la voici >
https://lh4.googleusercontent.com/-P_2kuoUCvww/U3JXMudEK4I/AAAAAAAAPpo/CgoUvk5a8ac/w830-h623-no/Lacd%2527IsarlesHerbe.jpg
Elle était près de notre gite alors notre petite-file allait souvent la voir. On s'aperçoit avec cesstte photo que c'est du boulot de s'occuper d'un cheval : il faudrait lui couper la frange, vois comme celle-ci est trop longue, ainsi que sa queue qui traînait et avec laquelle elle risquait de se blesser si elle marchait dessus
Les crins et la queue des chevaux leur servent à chasser les mouches qui les assaillent. Cette frange doit être fort utile en plein été sinon leurs yeux souffriraient. J'ai été longtemps cavalière et je sais comme c'est du boulot un cheval (j'aimais autant m'occuper de l'animal que monter dessus) c'est pourquoi j'ai renoncé à en avoir un à moi (trop feignasse).
SupprimerAu sujet des histoires à tiroirs, il y en a une célèbre, c'est : "Manuscrit trouvé à Saragosse" de Jan Potocki.
SupprimerSelon une tradition partiellement légendaire, il se serait tiré dans la tête une balle sculptée dans la boule d’un sucrier en argent, qu’il avait fait bénir par le chapelain de son domaine...
Bien entendu il ne faut pas idéaliser cette vie nomade et à la fois solitaire, à la différence des nomades qui parfois se sédentarisent et vivent en communauté et se retrouvent. Scolarisent leurs enfants (il y en avait une communauté à Eragny sur Oise où nous habitions)
RépondreSupprimerTu as sans doute vu le film "le cheval venu de la mer" ?
Le père qui après le décès de sa femme quitte la roulotte pour un appartement en ville
Je n'ai pas vu ce film (je regarderai à la médiathèque). Je n'ai jamais idéalisé la vie des nomades (je n'idéalise pas grand-chose en réalité) mais j'aime bien parler avec eux, les voir vivre, simplement. La découverte de l'autre quel qu'il soit, est toujours enrichissant.
SupprimerDans un gros bourg à 30 km, il y a un "camp" de bohémiens sédentaires. Ils vivent toujours dans leurs caravanes mais ils sont propriétaires d'une grande maison pour la douche, les toilettes, le linge etc. Une des mères avait choisi la sédentarisation pour pouvoir soigner un de ses fils qui était autiste.
En ce moment j'ai remarqué des travaux sur une portion de voie que s'étaient appropriée plusieurs caravanes qui s'étaient super bien installées (il y avait des machines à laver, des petites fleurs autour des caras). Tout le monde est parti, pourtant cela faisait bien cinq ans que rien n'avait bougé, il n'en reste plus qu'une (du moins samedi dernier) et tout un tas de canapés et différentes bricoles comme les étudiants laissent derrière eux lorsqu'ils déménagent
SupprimerTu ne crois qu'ils font partie du "plan" d'éjection très à la mode et qu'on justifie par des travaux ?
SupprimerLorsque nous avons eu notre caravane, nous avons apprécié de nous installer dans la rue (peu passante) de la maison de la grand mère de mon mari pour dormir. Et lorsque nous somme partis vers l'Aveyron, nous avons fait halte sur une aire ouverte aux gens du voyage avec sanitaires dans un petit village. Nous n'étions pas seuls, il y avait aussi des "vrais" gens du voyage, ils sont dû être surpris de nous voir nous installer près d'eux, nous n'avons pas établi de contact car nous sommes arrivés tard et partis tôt. C'est tout de même un super souvenir...
RépondreSupprimerTu sais j'aime beaucoup partir et faire des rencontres inattendues. On ne le peut que lorsque l'on n'est pas nombreux (et à 2 c'est mieux). Lorsqu'on est un groupe, on reste dans le groupe, on est pas ouvert aux autres. Voilà.
RépondreSupprimerBon WEnd, Marie
Encore mieux qu'à deux : seule !
SupprimerNon non, à 2 c'est bien, on n'est pas obligé d'être collés mis on partage tout de même, et tu sais que je ne vois pas tout, mon mari non plus, et parfois nous voyons la même chose en même temps, je me demande d'ailleurs si cela ne serait pas resté du domaine du subliminal vite oublié si nous ne l'avions pas remarqué ensemble...
SupprimerPeut-être qu'en vieillissant on perd de l'intérêt pour beaucoup de choses, je n'en sais rien. Je m’intéresse beaucoup à la nature, un rien m'enchante (donc je m'arrête pour observer, sentir, écouter) et à chaque fois ça provoque des trucs que je ne peux plus maîtriser. Donc où je sors seule ou je ne sors plus.
SupprimerC'est difficile de partir loin seule, du moins pour moi, je me fais prendre en charge par mon mari qui est très organisé (et lorsque j'ai perdu mon petit frère, mon mari et notre fille ont assumé tout le voyage en Californie qui m'a remise sur de bons rails). J'aime bien partager dans l'immédiat mes émotions, ou mieux qu'on les devine ou les précède...
SupprimerTon "exposé" sur les gens à la roulotte en général et à ce couple "recomposé" en particulier avec tout le charme du choix de tes mots et de tes idées est bien absorbant. Il faudrait plus qu'un après-midi assis dans un pré pour en traiter.
RépondreSupprimerPar ici ce sont plutôt des gens en caravanes que nous voyons en masse, des personnes bien différentes qui parlent moins volontiers. La notion de groupe y est pour quelque chose il est vrai.
L'amour de la vie, du plein air, le sens et la pratique de l'effort que tu décris et sous-entends forcent toutefois mon admiration.
Marguerite Duras est sur mes rayons, elle attend sagement qu'un jour l'envie de la revisiter me prenne... elle va probablement encore attendre. (sourire)
Je viens de relire les textes en rouge: heureuse je suis d'être née dans les années 50 et de pouvoir faire des choix.
P.S. Merci pour le lien sur les chiens d'aveugles, ce n'est pas non plus facile de trouver le bon chien pour la bonne personne, un problème qui souvent requiert un temps d'adaptation sous surveillance avant que le choix soit définitif.
Moi aussi j'étais admirative et aussi plutôt dubitative. Renoncer à tout pour errer et se coltiner 10 fois plus de boulot que dans une maison, j'ai du mal à concevoir surtout à plus 50 ans. Je ne suis pas restée assez longtemps non plus pour leur demander s'ils avaient envisagé leur vie d'après. Il y aura forcément un moment où tout deviendra beaucoup plus problématique (en ce moment avec la flotte et le vent, ils doivent souffrir).
SupprimerA leur propos, j'ai vu un article dans la presse locale où il est écrit que la légitime du mec l'a quitté et que c'est pour ça qu'il a dû vendre sa maison. Et il a rencontré sa nouvelle amoureuse sur la route donc ça ne fait pas si longtemps.
Je suis née aussi dans les années 50 et je n'ai pas eu tous les choix, j'aurais dû ruer dans les brancards bien plus tôt (mais ma mère était malade et en conscience, je ne pouvais ni la quitter ni abandonner ma fratrie plus jeune à mon père).
En ce qui concerne les chiens, la personne qui accueille le chien est aussi déterminante. Ces chiens doivent évoluer dans un milieu relativement équilibré et avec des règles (comme tous les chiens d'ailleurs c'est pourquoi il y a des problèmes avec certains).
Je ne relis pas non plus MD, il m'arrive en revanche de feuilleter des passages qui m'ont particulièrement touchée et de m'en imprégner un brin si tu vois ce que je veux dire.
Ca fait du bien de te lire. Tu es une invitation à réfléchir au dessous des choses. Comme quoi derrière tout ce qui nous semble beau ou nous ferait rêver, il y a aussi un lot de difficultés. Comme quoi derrière un qui ne serait pas comme nous et qui nous ferait peur, il y a tant de beauté à découvrir. Si seulement, nous y pensions plus souvent.
RépondreSupprimerhéhé, et derrière l'homme qui achète des pommes de terre, non non, il n'y a pas un héros qui se réveille; En plus tu me fais rire ! :-)
Merci Mademoiselle Lynxxe, de ces belles paroles que j'accueille avec beaucoup de gratitude.
SupprimerTu vois, j'ai pas peur des loups, j'ai pas peur des fous, j'ai pas peur des étrangers, j'ai pas peur de grand-chose (sauf des chenilles) mais ce soir j'ai un goût de cendre dans la bouche.
Peut-être que nous nous sommes trop enfermés, que nous avons oublié le rire, de regarder les yeux, d'embrasser les joues et les bouches, de caresser les mains, tu ne crois pas ?
Comment on en arrive là ?
(et moi, mon mari quand il achète des fruits, il me dit : tu as vu, j'ai acheté des fruits et même du café alors que tu ne l'avais pas marqué sur la liste... Un héros ?)
"Un goût de cendre" c'est terrible, Marie, je ne l'ai senti qu'une fois et j'ai pensé que cela voulait bien dire ce que cela voulait dire... J'avais déposé ma fille de 9 ans à proximité du gymnase et il y avait grève, ce que ej ne savais pas ; lorsque je suis revenue la chercher, personne, nous habitions à 12 kms car nous venions de déménager. Pas de téléphone et personne chez nous. Pas de tél portable, passer chez la responsable de l'association, chercher ici et là. Pour finir elle s'était fait raccompagner chez une voisine...
SupprimerJ'avais les deux garçons avec moi...
Ca y est, mon mari n'est plus président de l'association qu'il a porté pendant 12 ans y passant beaucoup de temps sans être beaucoup secondé (il m'a parlé hier d'une fois où il a déchargé le camion avec les restes de la tombola sous la pluie et tout seul). Il dit que cela ce n'est pas grave car il aime organiser.... Lorsqu'il a passé le flambeau, il n'y a pas eu un mot de remerciement de la part du bureau alors que lui jamais n'oublie personne. Il a eu des petits courriels d'adhérents, dont un parlant d'ingratitude. Je crois surtout que c'est de la maladresse. Une fille qui n'avait jamais ruine foutu lorsqu'elel était secrétaire générale a tout de même dû préparer cette réunion, car quoique c'était déjà organisé cela ne lui plaisait pas que ce soit rue de Charonne, elle avait peur. Mon mari a dit "je n'ai pas le temps en une semaine, fais le" car il avait des déplacements. Et bien elle a eu le culot de dire à l'envie (pas une fois ni deux mais plus que cela) qu'elle méritait une médaille pour l'avoir fait...
SupprimerLe goût de cendre dans la bouche ce doit être lorsque l'on ne sait quoi faire, que l'on est totalement désemparé.
SupprimerLes maris, je me souviens de mes deux frères (ceux qui me restent), comme maris ils se posent là chacun dans leur genre.
Le plus jeune est tête en l'air depuis l'enfance, c'est un doux rêveur, il est gaffeur comme pas deux et il n'est pas là de la semaine car il a son cabinet disons à 200 kms de chez lui, cela convient très bien à sa femme, c'est une maîtresse femme, elle "assume" et elle dit qu'avec son mari ça lui fait 5 gosses. Mais c'est vrai il est très gentil. Alors elle à coup de "Doudou" par ci et "Doudou" par là elle le valorise et lui arrive à donner un coup de main, mais bon il fait ce qu'il peut et il peut peu...
Mon frère aîné avait aussi une maîtresse femme de femme, en plus elle était maîtresse... Lorsque nous étions en cara le soir mon mari allait doucher les enfants, notamment le plus petit et du coup mon frère a pris son plus petit et a été le doucher.... Mais il n'a pas bien su le rincer, l'essuyer entre les doigts de pieds que sais je, en tout cas c'était ni fait ni à faire, alors du coup il n'a plus recommencé...
Supprimer;-)
Quelle leçon tirer de cela ?
Ben en mon cas, des fois mon mari n'est pas dispo because qu'il a des soucis ou du travail mais pendant les vacances ça va. Même que hier pendant que j'allais acheter de la laine pour faire des snoods (tu connais ?) à mes petites filles, il a fait le marché et même s'il a acheté des betteraves rouges alors qu'on en avait encore il a pris des épinards qu'on a mangé ce midi...
(Faut dire que einh mon frère il avait pas rincé les tongues pendant qu'il y était sous la douche, ça le fait pas du tout d'avoir des doigts de pied propres dans des tongues sales)
SupprimerLe compagnon de ma fille n'est pas guère aidant, ma comme ma fille travaille et qu'elle fait tout le reste, lui il lave la vaisselle et s'occupe du linge. Quand je vois les chaussettes ou les slips posés en boule sur le séchoir je pense mais ne dit rien et ma fille elle voit et ne dit rien non plus. Tout ce qui est fait n'est plus à faire et je crois que mon gendre s'améliore un peu avec le temps...
SupprimerTu me fais rire avec les hommes de ta vie...
RépondreSupprimerJe pense qu'il y a aussi une question de génération, celle de mon mari n'aidait pas du tout à la maison (il va avoir 90 ans). Aussi bien avec le fils aîné de son premier mariage (le gosse en question a 9 ans de moins que moi) qu'avec les deux nôtres, jamais il ne s'en est occupés (pas un biberon ou un change, rien). A la maison c'est la même chose, il ne "voit" pas. Il entre sur le carrelage fraîchement lavé avec des chaussures pleines de boue par exemple.
En 2014 à chaque fois qu'il est venu me chercher à l'hôpital, il me prévenait sur la route du retour que les réserves étaient vides.
Alors bien sûr que nous faisons avec et à la place mais je sais que perso, j'en ai marre.
Mon frère cuisine mieux que sa femme, mon beau-frère repasse mieux que ma sœur
et tous deux ont mis la main à la pâte quand les enfants étaient petits. Ils ont d'autres défauts (et je n'aurais pas aimé vivre avec eux) mais en ce qui concerne la maison matérielle, ils savent faire aussi bien que leurs épouses sinon mieux.
Une question de génération peut-être mais aussi d'éducation... Je crois que j'aurais beaucoup râlé avec un mari pareil, ou j'aurais gardé un carrelage en piteux état, mais tu as sans doute essayé les deux options...
SupprimerLes "hommes de ma vie" actuellement sont mon mari et mes fils. Ils ne sont pas parfaits mais ils sont vivables... Je ne pourrais pas non plus vivre tous les jours avec mes beaux frères mais je leur reconnais des qualités et qu'ils vont très bien chacun avec leur chacune...
J'ai tout essayé et pour tout. Je ne peux même plus râler parce qu'il n'entend plus rien...
SupprimerIl a des qualités aussi, bien sûr, mais on s'attache davantage à ce qui nous met hors de nous.
Mille fois pardon je lui demande, j'ai oublié mon petite O dans les hommes de ma vie !
SupprimerLa dernière fois qu'il est venu chez nous je lui ai dit que son papa était notre petit garçon, et il a rétorqué "moi aussi je suis votre petit garçon !"
Au sujet du goût de cendre lié aux gosses, j'ai éprouvé la même chose quand mon fils aîné (âgé de 19 ans) m'avait téléphoné vers 23 heures d'une cabine publique (à Questembert alors que j'étais à Chartres). Il était assis par terre, il avait mal dans la poitrine et il se plaignait de ne plus pouvoir respirer. Il avait la voix blanche.
RépondreSupprimerJe crois que je n'ai jamais eu si peur de ma vie. Heureusement à l'époque nous avions deux lignes téléphoniques et pendant que son frère lui parlait pour le "maintenir", j'avais appelé le SMUR de Chartres (je ne savais pas quoi faire...). Tout était ensuite allé très vite, Chartres avait appelé le SMUR de Vannes qui lui-même avait rappelé Mathieu (on m'avait demandé de raccrocher évidemment) pour le rassurer et 45 minutes plus tard, l'enfant grand était dans l'ambulance. Par la suite et tout au long de la nuit, le SMUR de Vannes m'a tenue informée heure par heure pour finalement me passer mon fils au petit matin, vaseux mais "respirant".
Il souffrait du premier pneumothorax d'une série de trois. Par la suite il a été opéré des deux poumons.
Tu te rends compte bien entendu quelle chance tu as eu et comme cela s'est déroulé dans le bon sens. J'ai toujours eu peur lorsque le enfants étaient isolés par contre lorsqu'ils appartiennent à un groupe, qu'ils ont une petit(e) ami(e) je ne me tracasse pas du tout...
SupprimerLorsque j'étais étudiante, il y avait un jeune homme marocain qui avait tout pour lui : une excellente famille aisée (il avait survécu à l'attentat contre Hassan II : il était à Skhirat) beau, très beau garçon, ce qui ne nuit pas, sympa et tout. Et puis en rentrant de vacances d'été nous avons appris qu'il était décédé des suites d'une péritonite. Il n'avait sûrement pas su ce qu'il fallait faire à temps... On ne devrait pas mourir d'une appendicite à 20 ans
Bien sûr que je me rends compte, d'autant qu'il avait souffert toute la journée sans oser en parler (il était en stage). Et c'est ce que tu dis est vrai, j'ai toujours été plus rassurée quand les fils étaient groupés (même en groupe de deux).
SupprimerAucun enfant ne devrait mourir Lucie...
Puisque tu parles de Marguerite Duras, dans "l'Amant" elle dit qu'elle pert la certitude de l'immortalité avec la mort de son plus jeune frère
SupprimerCe matin j'ai été découvrir ton "fauve" préféré Kees van Dongen ... j'ai aimé ce lien, si tu lis l'anglais.
RépondreSupprimer