lundi 12 janvier 2015

Lendemains..


Quand j'étais gamine, je ne voulais rien devenir (pas devenir ?). C'était très compliqué dans ma famille et je me disais (pas aussi clairement...) que si c'était ça la vie, non vraiment, très peu pour moi.

Ma mère n'était pas souvent présente pour cause de sœur mourante, de frère mourant, de père mourant etc. à soigner et mon père était toujours parti pour son boulot ; s'il revenait de sept en quatorze, il nous connaissait à peine ma fratrie, mon oncle et moi. Il gueulait, il cassait, rien n'allait jamais bien. Il n'avait pas tout à fait tort, ça n'allait pas franchement bien mais on faisait avec, sans lui.



Je gardais les p'tits. Ma mère me disait que j'étais la seule personne AU MONDE en qui elle avait une absolue confiance : 6 ans, 7 ans, 8 ans, etc... Ça se mérite la confiance.



Quand il s'est agi d'aller au catéchisme, je me suis demandé comment je trouverais le temps et surtout : pourquoi y aller et à quoi ça servait le catéchisme.



Parce que c'était comme ça, tu ne discutes pas. A cette époque on avait caté le jeudi matin et messe le dimanche. Messe à laquelle il fallait apporter le cahier de caté dûment complété (on avait des devoirs à faire à la maison).



Lorsque j'ai eu 9-10 ans, mon père s'est découvert une vive attirance pour le communisme. Caté ou communistes pour moi c'était sensiblement pareil, il fallait partager. Le responsable local du parti était un type adorable, immense, moustachu et roux que tout le monde appelait le grand Jules. Et le grand Jules il cherchait du monde pour vendre l'Huma dimanche. Mon père avait été sollicité mais il avait allégué que le jour du seigneur il avait des dépannages à faire qu'il ne pouvait pas faire en semaine... Qui est donc allé vendre l'Huma dimanche après la messe ?

Notez que j'aimais bien, c'était vraiment sympa, le grand Jules me filait des bonbecs, les camarades étaient rigolards, ça me changeait.



Mon père ne savait jamais dire non (sauf à ses mômes et à sa femme).



Alors quand les témoins de Jéhovah ont sonné un jour à la porte encore plus tard, il ne leur a pas dit non. Et nous sommes repartis vers la religion. Études bibliques le mardi soir et le samedi soir, prêchi-prêcha dans les rues de Chartres et tous les dimanches après-midi : réunion "fraternelle" à la salle du royaume : Lui et moi à la salle du royaume, pour le reste j'étais seule.



Pour une fois ma mère ne s'est pas laissé faire et elle au moins, a gardé un peu de temps libre. Elle avait également catégoriquement refusé que mes ses gosses soient réquisitionnés.



Les témoins me gonflaient autant que l'avait fait le caté mais au moins on bougeait. On allait aux assemblées de congrégations dans des tas de grandes villes et on se retrouvait à des milliers. Comme le fait que je ne soit pas baptisée chez eux n'était pas inscrit sur mon front, j'avais enfin des tonnes de copains.



Ça a duré quelques années puis papa qui commençait à réussir, est devenu un affreux capitaliste. Paradoxalement, le socialisme a semblé mieux lui convenir d'autant que notre voisin mitoyen (qui deviendra secrétaire d'état à deux reprises), était plutôt prosélyte. On changeait encore de discours.



J'étais paumée, j'avais évidemment du mal à m'y retrouver dans tout ça, le grand Jules me réclamait, les témoins me réclamaient, ma mère n'en parlons pas. Le futur secrétaire d'état n'était pas du tout mon pote (un reptile ce mec) et il m'a fichu la paix. Mais je crois que je n'ai jamais été aussi demandée qu'à cette époque. En toute incohérence.



Dans l'optique de me libérer quelques créneaux de tranquillité d'occuper les p'tits et de les ouvrir un peu au monde, je les avais inscrits aux éclaireurs de France avec la complicité d'une vieille amie. (Maman : tu fais ce que tu veux je te fais confiance bis...). Et c'est à ce moment que j'ai découvert le journal Pilote puis très rapidement après, Hara Kiri et enfin Charlie hebdo. Je me rendais compte qu'il existait d'autres paroles que celles des curés, des camarades et des frères de la côte (c'est ainsi que papa appelait les témoins de Jéhovah en privé).



Je dois à tous ceux qui prenaient la plume ou le crayon dans ces journaux, une  liberté de penser, d'impertinence, d'insolence, d'irrévérence, de réflexions qui ne me seraient pas forcément venues dans le milieu où je vivais et surtout d'incommensurables fous rires.



Ils m'ont accompagnée longtemps. Mes fils ont grandi avec Charlie et les BD de ses dessinateurs.



Depuis quelques années, j'avais levé le pied, je n'adhérais pas forcément à toutes leurs unes, j'avoue que j'étais parfois un peu choquée (on vieillit mes bonnes amies...).



Mais bon...



Aujourd'hui j'ai ce sentiment épouvantable qu'on m'a sucré ma famille, non pas celle qui m'a mise au monde mais celle qui m'a aidé à naître.



Je ne suis pas allé marcher hier (enfin pas dans les villes, je me suis fait ma petite salade de chagrin toute seule sur les chemins avec mon chien). 



Parce que comme le dit Luz dans les Inrocks :



- On fait porter sur nos épaules une charge symbolique qui n’existe pas dans nos dessins et qui nous dépasse un peu. Je fais partie des gens qui ont du mal avec ça.



- Les médias ont fait une montagne de nos dessins alors qu’au regard du monde on est un putain de fanzine, un petit fanzine de lycéen. Ce fanzine est devenu un symbole national et international, mais ce sont des gens qui ont été assassinés, pas la liberté d’expression ! Des gens qui faisaient des petits dessins dans leur coin.



- On doit porter une responsabilité symbolique qui n’est pas inscrite dans le dessin de Charlie. A la différence des anglo-saxons ou de Plantu, Charlie se bat contre le symbolisme. Les colombes de la paix et autres métaphores du monde en guerre, ce n’est pas notre truc.



- Au final, la charge symbolique actuelle est tout ce contre quoi Charlie a toujours travaillé : détruire les symboles, faire tomber les tabous, mettre à plat les fantasmes. C’est formidable que les gens nous soutiennent mais on est dans un contre-sens de ce que sont les dessins de Charlie.



- Or, précisément, les dessins de Charlie, tu ne pouvais pas en faire n’importe quoi. Quand on se moque avec précision des obscurantismes, quand on ridiculise des attitudes politiques, on n’est pas dans le symbole.



- Cet unanimisme est utile à Hollande pour ressouder la nation. Il est utile à Marine Le Pen pour demander la peine de mort. Le symbolisme au sens large, tout le monde peut en faire n’importe quoi.



- Honnêtement, qu’est ce que tu veux récupérer ? Après, il y a ce grand élan. Mais dans un an, que restera-t-il de ce grand élan plutôt progressiste sur la liberté d’expression ? Est ce qu’il va y avoir des aides à la presse particulières ? Est ce que des gens vont s’opposer à la fermeture des journaux ?


- On va continuer à faire nos bonshommes. Notre boulot de dessinateur est de mettre le petit bonhomme au cœur du dessin, de traduire l’idée qu’on est tous des petits bonhommes et qu’on essaie de se démerder avec ça. C’est ça le dessin. Ceux qu’on a tué étaient juste des gens qui dessinaient des bonhommes. Et aussi des bonnes femmes. 

J'ai préféré aux grands rassemblements d'hier, tous ceux, spontanés, qui avaient eu lieu le jour même ou le lendemain des tueries. Ça n'engage que moi même si c'est maladroit.

Morlaix : Photo d'Aurélie Prouff, ouessantine installée dans les Monts d'Arrée.


« L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien. Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes.  »
 
Abbé Pierre
 
 


41 commentaires:

  1. On se sent un peu moins insouciants…..
    Bises ma Mine,le soleil m'appelle dehors….

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    1. L'insouciance n'était pas vraiment ma qualité (mon défaut ?) principale. Alors...

      Pluie et tempête chez les bretons du centre Ouest, pas une seconde sèche de la journée.

      Bises de nuit, déjà.

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    2. Tu devais être mignonne le premier Mai en vendeuse de muguet ; ))

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    3. Le premier mai était mon seul jour de congé de l'année -;)

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    4. Je me vois encore vendre du muguet un 1er mai avec ma petite voisine du fond de l'impasse à Epinal, petite voisine plus âgée que moi, qui peu après est allée à l'usine travailler ce que j'enviais beaucoup. Il y avait de la mixité sociale à l'époque dans ma rue. Depuis le logement qu'habitait mon maie (et où je traînais beaucoup) a été démoli, l'escalier que nous montions conservé car c'était une partie des remparts protecteurs de la ville. Dans ma rue il y avait une dame juive qui me disiat que Jésus aussi était juif. Et l'ami de mon frère aîné qui depuis est devenu archevêque de Tours (pas mon frère aîné, l'ami). Cet ami est aussi père blanc, sa "mission" en Algérie, il est devenu père blanc pour avoir fréquenté ma tante qui était soeur blanche, celle-ci parce qu'elle voulait aller à l'étranger ce qui n'était possible à l'époque pour une femme célibataire que dans cet engagement...

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    5. Tout cela pour dire que ce que l'on devient on le doit à des rencontres. Tu as fait des rencontres, poussée en cela par ton père qui a su te laisser aller et de cela tu peux lui être reconnaissant, je crois, il t'a choisi des tuteurs qui ont fait ce que tu es...

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    6. Et si ma tante voulait aller "ailleurs" elle le devait à mon père qui a fait carrière "outremer" et lui parlait beaucoup

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    7. Vous étiez très croyants dans ta famille Lucie ? Tu l'es toi-même il me semble. Je dois te paraître horrible moi qui ne crois en rien (ou en pas grand chose).
      Je suis toujours extrêmement gênée quand dans un blog ami, la religion est évoquée alors souvent je passe sans rien dire.

      Mon père ne m'a pas laissé aller Lucie, il m'a contrainte durant des années. Lorsque j'ai pris ma vie en main, il m'a rejetée et pire, il a dit à tout le monde qu'il ne voulait plus de moi.

      Bien sûr qu'il m'a fait telle que je suis, tourmentée, sans grande confiance en moi, d'une susceptibilité à hurler... La seule chose qu'il m'a léguée : c'est sa fantaisie débridée dans les jours avec. Dans les jours sans c'était assez horrible.

      Il m'arrive de me demander quelle personne je serais si j'avais eu un père comme la plupart des pères...

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    8. Il me semble que je suis animiste... Mon père était croyant, il disait que le monde était trop beau (le monde peut-être sans les hommes) pour qu'il n'y ait personne derrière. Quant à ma mère, elle avait adopté un dieu plus sécurisant car elle avait été souvent visitée par le diable (disait-elle). A coté de cela elle n'avait jamais quitté ses vieilles croyances qu'elle m'a transmise : la crainte des orages, la peur de la nuit, l'idée que le monde est peuplé d'esprits...

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    9. Mon jeune frère était mystique... Cela venait peut-être du fait qu'il était schizophrène. (Quelle tristesse lorsqu'il m'a dit : "je suis schizophrène"). Il a donc été vivant tout en étant mort pendant 20 ans. Alors quand il a été diagnostiqué du cancer du foie et du pancréas et qu'il s'est éteint après 9 mois... et qu'il m'a dit une semaine avant de partir qu'il avait peur non pas de mourir mais d'aller en enfer, je lui ai dit qu'il y aurait une place pour lui au paradis car l'enfer il l'avait assez connu sur terre...

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    10. La fantaisie c'est déjà un beau cadeau !!!
      (Merci pour la main du bonheur et les yeux bleus, Marie. Cette année notre noël familial avec les enfants petits a été mis sous le signe de la bienséance grâce à eux : ne pas mettre son couteau dans sa bouche, ne pas parler la bouche pleine, pas mettre les coudes sur la table ; mon neveu a été cherché un livre où il était dit que l'on devait manger un plat chaud aussitôt servi, ce qui était bien agréable lorsqu'on est nombreux :-)

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    11. Sans oublier les princesses et le chevalier...

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    12. Au sujet de l'animisme (sur lequel j'avais peu de connaissances), j'avais passé un documentaire : "Le chamane, son neveu et le capitaine" dans mon petit ciné-club et l'intervenante qui avait ensuite animé la discussion était une philipinne prof à langues O'. La soirée avait été passionnante et riche et à son issue je m'étais dit que cette croyance aurait pu correspondre à certaines de mes attentes (même si je ne crains aucun élément naturel, je les redoute parfois mais je ne les crains pas). J'ai correspondu avec elle quelques mois et puis...

      La schizophrénie est une saleté de maladie oui, qui peut bouffer les esprits les plus brillants. En 2007, j'ai travaillé quelques mois avec des jeunes hommes qui en souffraient et j'avais sans arrêt envie de les prendre dans mes bras. Comme tu as dû souffrir toi aussi, par ce petit frère et j'espère qu'il a entendu et reçu tes paroles ultimes...

      Tu vois cette photo de déjeuner que tu as publiée avec bien sûr tes mots au dessous (la photo sans tes mots aurait été en quelque sorte amputée), elle raconte toute une histoire qu'on a envie de s'approprier, à laquelle on a envie de se mêler. Et tu as vu comme chacun est entrée dedans par tout ce qu'elle apporte, quelque soit son niveau de lecture et d'observation.

      Alors que les plus petits participent à ces joies familiales avec un thème (qui est fond celui du respect des autres), je trouve ça formidable.

      Tu sais chez moi, mes fils n'avaient pas le droit de commencer à manger tant que je n'étais pas assise à table. Ça ne les choquait pas, c'était leur vie. Mais lorsqu'ils étaient invités à l'extérieur, tout le monde se demandait d'où ils sortaient. A la remarque : mange pendant que c'est chaud, ils répondaient : j'attends que vous soyez assise.

      Alors pour que chacun mange chaud, on mange les uns après les autres ? Je plaisante bien sûr. C'est vrai que c'est difficile quand on est nombreux.

      Tendresse aux princesses et aux chevaliers qui ont grandi...

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  2. Coucou Ma Mine
    Une vie pleine de rencontres diverses qui font grandir ...et cette belle histoire , parce que c' est la tienne est tellement touchante .
    Mon amoureux aussi vendait l' huma à la sortie de la messe alors que son père était commerçant " Marchand de Couleurs " si tu veux et de plus anti clérical ...Ce pote était un vrai , un pur qui quêtait pour le Vietnam et était d' une honnêteté et d' une droiture admirable ...Quand j' ai fait sa connaissance avec mon amoureux , je revenais d' une réunion avec mes petits louveteaux ( moi c' est le scoutisme qui m' a construite ) ...il m' a offert l' apéro sur le zinc , pas gêné pour un sou de boire un verre avec quelqu' un de l' autre bord ...en fait je l' ai tout de suite compris , nous aimions le même voyage sur le même bateau ...servir les autres ...Je ne l' ai jamais oublié ...
    Moi non plus , je n' ai pas été marcher , sauf avec ma Toûne parsec la foule ça m' angoisse et je pense aussi comme toi...que restera-t-il ..?
    Bon ...je vais faire ma soupe ...ces derniers temps , je ne sais pourquoi , je ne pouvais ps mettre des commentaires ...J' ai beaucoup aimé la fenêtre -souvenir sur tes p'tits loups
    De tout plein je t' embrasse ...et te souhaite Bon Vent belle Marie

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    1. J'avais fermé les commentaires pour le précédent billet Mathilde...

      J'ai aussi eu une vie associative et militante durant des années et puis début 2013 : j'en ai eu marre et j'ai tout laissé tomber.

      La foule ne m'angoisse pas plus que ça mais je n'avais envie de m'y mêler. Il faut dire que ça fait longtemps que je n'ai pas pris de bain (de foule) et à vrai dire je ne sais trop comment je réagirais aujourd'hui : à vivre près des p'tits cochons et des vaches, on deviendrait un brin sauvage dans les campagnes reculées...

      Ta Toûne c'est ton chien ?

      Moi aussi je fais faire une soupe (il fait un froid de loup ici) et je te remercie de tes confidences si sincères.

      Énormes bises

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  3. Quel humanisme dans ton billet precedent et la derniere image est tres prenante.
    Peut-etre pas, peut-etre pas, il faut donner une chance a tous. Le jour du rassemblement a Toulouse j'ai ete dans mon quartier de Toulouse sur la place de l'eglise avec les gens qui s'y rassemblaient.
    Communication et agir. Il faut etre confiant et avancer chacun a petit pas.
    Il faut chercher les causes que beaucoup d'entre nous connaissons et travailler avec.
    Cela ne sera pas facile d'agir pour la Paix.
    Tout commence par le dialogue.

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    1. Je suis de ton avis sur tout sauf sur la confiance parce que je n'ai plus du tout confiance dans les hommes (et les femmes) politiques.

      Deux semaines après cet immense élan, qu'en reste-t-il aujourd'hui ?

      Quand je lis les propositions actuelles pour venir à bout de cette forme apartheid (en fait un grand séparatisme ethnique et social et de ce qu'il a forcément engendré) dont parle Valls, ça me fait doucement rigoler. Une journée (une seule) de la laïcité ? De qui se moque-t-on ? Redonner un vrai rôle à l'école après l'avoir dépossédée ?
      Il y a quelques années, un président parlait de passer les banlieues au karcher...

      Tout ce qui peut s'échanger actuellement de part et d'autre, c'est un dialogue de sourds (et je m'y connais en surdité).

      Je suis d'accord pour avancer à petits pas, chacun à son rythme mais le problème est de savoir vers quoi on avance. Il est clair qu'un grand nombre n'a pas envie d'aller vers un chemin équitable...

      Enfin Thérèse, au moins on dialogue sur les blogues...

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  4. Voilà un début d'autobiographie qui me fait mieux te connaître
    Chapeau pour cet article ... et je me retrouve prés de toi, jeune fille, car comme je l'ai dit aussi, c'est Cabu, c'est wolinski,.... c'est cet esprit qu'on ne pratiquait pas chez moi, qui m'a ouvert l'esprit, m'a appris à passer le premier degré pour m'élever dans des grands éclats de rire
    J'ai encore des images de Hara-Kiri dans ma mémoire
    Et puis jeune épousée, j'ai rencontré Pilote... moi aussi!
    et suite aux différentes pages qui nous interpellaient, des discutions et commentaires qui alimentaient les soirées entres copains...toute une époque!!!
    Et oui, moi aussi, j'avais levé le pied, (j'ai vieilli aussi) moi aussi, je n'ai pas toujours approuvé!!!
    Aussi ce n'est pas la liberté d'expression en soit que je défends après ce drame, mais la liberté tout court!!! tout en respectant le fait que ma liberté s'arrête où commence celle d'un autre... parce que quoi qu'on dise, on peut rire de tout mais pas avec tout le monde!!! (Déproges)
    Je suis Charlie parce que je pleure des disparus... des êtres humains ... très humains!!!
    Je ne suis pas allée grossir les rangs du soulèvements des consciences.... parce que je ne pouvais pas!
    Mais de ce drame il va rester quelque chose... pour moi, au moins! je ne croyais plus possible aujourd'hui à quelque union de masse que ce soit...(?!) et là, quelque soit les raisons de chacun, le monde s'est rallié à un slogan, une marche, une identité, un pays, un cri!!! et ça, moi, ça me rassure ... sur l'humain qui n'est peut-être pas encore perdu...............!
    Mais c'est dans un rire silencieux que je copie ces lignes parce que je ne sais pas les dessiner....du bon , vrai, Charlie!!!

    ".- Au final, la charge symbolique actuelle est tout ce contre quoi Charlie a toujours travaillé : détruire les symboles, faire tomber les tabous, mettre à plat les fantasmes. C’est formidable que les gens nous soutiennent mais on est dans un contre-sens de ce que sont les dessins de Charlie.

    Bisous hilares

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    1. Elle est où l'union de masse deux semaines après ???

      Le cri s'est tu bien vite.

      Hélas.

      Bises à toi

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  5. Florence - Testé pour vous
    Bonjour...et maintenant, je sais que j'ai bien fait de te mettre dans les blogs que je veux fréquenter, sans modération...je souris après t'avoir lu alors qu'au début je compatissais (au début de ton texte)...mais je me retrouve dans ce que tu racontes, même si je ne suis jamais allée au cathé...ni ai fréquenté les témoins. Lorsque je disais je suis Charlie, c'est dans ma manière d'être, de réagir, dans mon humour (noir diront certains), dans ma façon de penser...bien sûr, parfois la couverture ou certains dessins ou articles me "choquaient"..le mot est fort...disons que je me disais "ils abusent quand même" tout en ayant un petit sourire...mais au moins, ils faisaient bouger les choses, dénonçaient, mettaient au piloris...et ça, ça n'a pas de prix...surtout pas le prix du silence...
    Ah, je voudrais dire tant de choses mais mes pensées s'emmêlent, mes mots fusent et n'ont plus de sens car ils s'entrechoquent...mais j'ai aimé ton histoire pour ce qu'elle raconte...et oui, je comprends, je suis toi, là, quelque part dans ce que tu as vécu...sans m'identifier à toi (car nous avons chacune notre histoire) je crois que je peux te dire que quelque part, nos chemins se sont croisés, à bien des reprises..à bientôt

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  6. Florence -Testé pour vous
    Et juste une chose que je voulais rajouter : lorsque j'ai entendu que certains (ou certaines) voulaient coller Charb au Panthéon, j'ai failli m'étrangler...faire ça, serait le renier, renier tout ce qu'il a été, tout ce qu'il a combattu...
    D'autres imaginent ce qu'ils disent ou pensent maintenant qu'ils sont avec dieu...tu parles, ils étaient athés...si dieu existe, ils sont grave dans la merde :-)..oui, et moi aussi.
    Allez, je file

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    1. Beaucoup de choses m'ont terriblement choquée par rapport aux "Charlie" mais pour les autres victimes, peut-être que la grosse artillerie du cérémonial a été bénéfique et apaisante, en fait je n'en sais rien.

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  7. Florence - testé pour vous
    je viens de te faire lire à ma fille de 17 ans. Oh putain, c'est fort m'a-t-elle dit...puis nous avons parlé de ce qu'elle venait de lire...elle te dit merci et te sourit, à bloc

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  8. A toutes,

    Une précision tout d'abord : Ce sont les éclaireurs de France qui m'ont fait connaître Pilote parce qu'ils y étaient abonnés et que les enfants le rapportaient à la maison.

    Ma petite histoire « était seulement destinée à faire comprendre à quel point les « Charlie » ont participé à mon ouverture à un monde qui m'était totalement étranger et surtout à la découverte de la fantaisie la plus débridée (qui contrairement à ce que je pensais, n'était ni une tare ni un péché mortel ...). En ce sens ils sont ma famille, ceux qui viennent de mourir mais plus encore tous ceux qui les ont précédés.
    Parce qu'ils m'ont aidée à grandir et à penser « sans entrave » (je suis une fille de mai 68...) .

    Pour avoir participé souvent à des manifestations diverses (évidemment de bien moindre importance), je sais que l'effet de choc rapproche, qu'il relie et que les rassemblements peuvent consoler et faire croire qu'autre chose est possible . Je n'en suis pas convaincue même si j'espère de toutes mes forces me tromper.

    Donner une chance à tous Thérèse, comme je suis d'accord avec toi mais combien attendent encore d'en avoir une.

    Bien sûr que les causes de ce virage de jeunes maghrébins (ou africains) vers un islamisme radical sont connues. Il y a tant d'années de mépris derrière, d'ignorance de leur réalité historique et de leur réalité dans le pays des droits de l'homme et du citoyen. Mais ou bien les français ont la mémoire courte ou bien ils sont ignorants.

    Je pourrais développer en détail mais ça risquerait d'être très long.

    En bref on demande à des peuples qu'on a colonisés, qu'on a utilisés dans nos guerres, qu'on a fait venir plus tard pour participer à notre croissance économique de s'intégrer !

    C'est ça pour moi le scandale, c'était à nous de les « intégrer » (que je déteste ce mot) et pas à eux de filer doux en éternels colonisés.

    Je ne suis pas en contradiction avec moi-même, je suis antimilitariste et je réprouve toute forme de violence, la violence ne peut pas être une solution, jamais. En revanche :

    « On peut faire des choses terribles quand on est terriblement malheureux »
    (Raimu dans le film L’homme au chapeau rond d'après L'Éternel Mari de Fédor Dostoïevski)

    Pour autant, comme le dit Luz aujourd'hui :

    « La liberté d’expression, ce n’est pas 'liberté d’expression MAIS', c’est 'liberté d’expression OUI'. »

    En novembre 2011, le ciné-club dont j'étais (entre autre) la chargée de com, avait choisi de diffuser « Octobre à Paris » de Jacques Panigel. Après 50 ans de censure le film était enfin autorisé.

    En lien ce que j'avais écrit.

    Et j'ai pris la photo des deux fillettes harkis qui figurent tout en bas de la page à Dreux quand j'avais 19 ans.

    C'est pourquoi aussi je suis tellement déchirée.

    On s'embrasse quand-même ?

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    1. Merci pour la piqûre de rappel pour les tristes événements d'octobre 1961 à Paris. Mon beau-père était là par hasard et aurait pu aussi faire parti des disparus, pour délit de faciès car il était très mat de peau et avait les cheveux et bouclés quoique qu'il était mayennais pur souche (mais mon mari rappelle en parlant de lui que les arabes sont montés jusqu'à Poitiers)

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    2. Les harkis et leurs familles ont été "remisés" au fort de Cormeilles en Parisis à une époque, j'y ai photographié lors d'une journée du patrimoine de magnifiques fresques de leur main.

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    3. Qui y pense encore Lucie, à cet abominable octobre ?

      La fille qui nous envoyait les bobines 16 mm des films s'appelait Mina. Elle m'avait demandé de lui envoyer un petit rapport sur la réaction des spectateurs du ciné-club. Ainsi que je l'ai dit, personne ou presque ne connaissait "l'épisode" alors mon rapport avait été évidemment succinct.

      Elle m'avait confié entre autre, avoir grandi dans le bidonville de Nanterre jusqu'à l'âge de 11 ans. Ses souvenirs étaient terrifiants.

      As-tu photographié les fresques des harkis ?

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    4. Il y avait des vieux camions dans le hangar, voici les fresques : Fresque 1

      et Fresque 2

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    5. Merci Lucie, c'est très émouvant...

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  9. J'ajoute que je ne suis pas une intellectuelle et que j'écris souvent avec mes tripes ce qui n'est la meilleure façon d'être claire.

    Je voulais dire également qu'à la projection d'Octobre à Paris, on n'avait pas eu un chat (enfin seulement 20 personnes dont pratiquement aucune ne connaissait l'histoire).
    Papon : c'est qui ça ?

    Si je fais maintenant des réponses individuelles à toutes, j'y passe ma nuit. Mais je vous remercie de vous attarder ici parce que c'est pas toujours rigolo...

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    1. Ce n'est pas toujours rigolo mais c'est un peu comme une veillée entre amis à laquelle on peut venir et contribuer à toute heure. Tu écris et tu te souviens, peut-être que tu oublieras ensuite mais tu pourras toujours revenir sur tes pas et la mémoire aussi s'éveille pour tes visiteurs.
      Bonne journée si tu peux, Marie ! Une promenade avec ton ami à 4 pattes sera toujours bienvenue !

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    2. C'est comme ça que je conçois l'idée du blog, exactement comme ça. Tu as toujours les mots...

      Aujourd'hui samedi 24/01, j'ai fait une grande ballade avec la chienne et c'était comment dire, apaisant et "respirant".

      Je t'embrasse

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    3. Une grande ballade et revenir à la nuit tombante...
      Bises

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  10. Florence - Testé pour vous
    Bonjour...je reviens sur le commentaire que tu as laissé sur mon blog (le petit qui veut se mettre en avant)...oh comme j'ai rigolé, je l'ai moqué en le voyant...qu'est-ce qu'il est ridicule..je me demande s'il s'en rend compte lorsqu'il se voit à la télé, tourné en ridicule, moqué sur les vidéos et parodié...ses petits bras qui se battaient pour passer devant, ses petites jambes qui accéléraient, sa petite tête qui tirait sur son cou pour apparaître sur les photos officielles...qu'est-ce qu'il est ridicule..et à vomir !
    Allez, je file...à très bientôt pour d'autres écrits

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  11. Eh oui c'est pour cela qu'il faut communiquer et relayer nos propres histoires car les livres d'histoire n'ont ete fideles qu'a la politique du moment ou qu'a l'histoire que le pays a bien voulu adopter.
    Je me souviens de ces faits en ayant entendu parler autour de la table et puis on ecoutait pas mal la radio car nous n'avions pas la television. Quoique nous avons la television maintenant mais ecoutons plus souvent la radio...

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    1. Une fois de plus du même avis que toi même si nos engagements personnel et notre propre façon de les relayer n'auront jamais aucune influence sur rien.

      La radio était "culturelle" autrefois bien sûr, je me souviens qu'on se réunissait autour du poste comme on l'aurait fait autour d'un foyer.

      J'écoute beaucoup la radio aussi, les images de la TV provoquent souvent mais ne vont jamais à l'essentiel.
      Je ne suis pas une spectatrice d'actualités souvent outrée.

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    2. Daniel Mermet et "là bas si j'y suis"me manquent…

      Bises du jour

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  12. Au delà des polémiques (ce qui a été dit sur sa façon de traiter ses collaborateurs : info ou intox ?), c'est un exemple frappant de censure des bien pensants, non ?

    C'est drôle parce que j'en ai parlé vendredi avec monsieur Patagonia. Il me disait qu'il regrettait le "France-Inter" d'avant et que Daniel Mermet lui avait fait prendre conscience de tas de choses dont il ne soupçonnait même pas l'existence.

    Il me manque aussi, évidemment...

    Bises de l'après midi

    (et puis dans le com au dessus, il faut lire : d'actualités souvent OUTRÉES)

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