lundi 20 octobre 2014

Généalogie




En cherchant un ancêtre dans les archives départementales en ligne  :

Martin fils illegitime de plusieurs pères puisque tout le monde y estoit bienvenu et de Marie Fence (?) la mère lequel est né de ses impurs embrassements le lundy 7e jour de septembre 1671 et baptisé le mardy 8e septembre ... sur les trois heures apres midy par moy pretre curé du dit lieu ... signé en ... par Noel Delorme parain et Marie Guerpienne marainne qui luy a donné le nom
Lesquels ont déclaré ne savoir ni écrire ni signer. De ce requis et interpeles suivant .... dans la minute des présentes.


(J'ai respecté l'orthographe du curé).

Le village natal du petit Martin se nomme Ollé (olé...).










10 commentaires:

  1. Si touchant reflet de l' histoire ...comme cela devait être dur en ce temps là d' être un petit " Martin " ..enfin peut-être ..mais Noël et Marie s' ils ne savaient ni lire ni écrire avaient avait grand coeur .
    " On peut vivre sans culture mais on ne peut vivre sans coeur " disait Jaques Brel ...C' est encore et toujours de mise ...:-)
    Bisous belle Mine Derrien

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    1. Si touchant oui mais tellement nombreux ces petits à être nés sans père qui se voyaient (s'ils survivaient, on ne devait guère prendre grand soin d'eux) stigmatisés à vie.

      J'ai trouvé un Noël Delorme de 40 ans mort dans la même commune en 1694 et je pense que le patronyme de la marraine était plutôt Guerpin (métier des quelques Guerpin mâles trouvés : homme de bras ou pauvre homme...). Je n'ai vu aucune femme portant ce nom.

      Je ne saurais donc jamais si Martin a bénéficié de cœurs ouverts pour l'accueillir mais j'en doute (l'expérience généalogique...).

      Ce qui est dingue c'est que cet enfant n'est pas mon ancêtre, je l'ai découvert en cherchant quelqu'un d'autre mais il y a des actes tellement bouleversants que j'ai toujours envie d'en savoir davantage et que je creuse des heures sur de parfaits inconnus : mon moyen personnel de leur donner la vie qu'ils n'ont pas eue...

      Belle citation du grand Jacques, merci Mathilde.

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  2. Ce curé avait de l'esprit et le sens de la litote,j'espère que Martin a eu une belle vie malgré tout .
    Mathilde cite Brel fort à propos.
    Bises du sud à toutes deux

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    1. Les curés ne faisaient pas d'esprit sur le sujet à cette époque (comme je doute qu'ils en fassent maintenant), du moins dans les actes qu'ils retranscrivaient...

      J'ignore ce qu'est devenu Martin, j'ai regardé les registres 6 mois en aval et je n'ai rien trouvé. Je m'attendais à ce qu'il soit mort rapidement comme une grande partie des enfants qui naissaient à cette époque.

      Mais peut-être que la mère avait accouché dans ce village par hasard. Peut-être aussi qu'elle a placé son petit chez une nourrice (en souhaitant qu'il ne s'agisse pas d'une nourrice mercenaire...).

      Bises de (à ?) l'Ouest

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    2. Il arrive que ces enfants "mal partis" aient eu une nombreuse descendance. Nous sommes allés il y a peu aux funérailles de la dernière tante de mon mari. Il y avait un secret de famille à propos de sa naissance, sa fille en est toujours bouleversée, mais l'important n'est-il pas qu'elle ait été là, aimée par sa naissance, elle a été "légitimée" lorsque le grand père a épousé la grand mère. Elle n'était pas sa fille biologique, mais il l'a aimée comme telle. A son tour elle a eu une belle famille, c'est ce qui compte...

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    3. (Curieux que ce message apparaisse comme anonyme, je suis pourtant connectée en tant que Marguerite)

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    4. Marguerite, Cergie ou Lucie ?

      Tu as tout à fait raison pour ce qui concerne le 20ème siècle (voire la fin du 19ème et encore - Maupassant a souvent abordé le problème des petits bâtards comme on les appelait) mais je ne pense pas que les choses aient été similaires durant les siècles précédents.

      Bien sûr qu'il devait certainement arriver que la mère se marie et que son époux reconnaisse l'enfant. (Je dois dire que j'ai très peu de cas de ce genre dans ma généalogie- 2 ou 3 sur quatre siècles environ).
      En revanche il y a un nombre incroyable d'enfants naturels qui meurent très rapidement et dont je pense qu'on s'en débarrassait. Dans son livre : Des criminelles au village-Femmes infanticides en Bretagne, Annick Tillier écrit :

      "L’infanticide est en grande majorité le fait de femmes rurales – domestiques, journalières, ouvrières du textile –, analphabètes, habitant les hameaux dispersés de la campagne (les « villages » bretons), résidant dans de modestes chaumières, ayant des conditions de vie souvent très précaires. Il s’agit le plus fréquemment de filles célibataires, exclues du mariage (un quart d’entre elles ont déjà eu un ou plusieurs enfants illégitimes) et dont la réputation en matière de mœurs est généralement mauvaise dans les communautés rurales. Les autres accusées, en petit nombre, sont des femmes adultères ou quelques veuves ne trouvant pas à se remarier. Toutes sont victimes d’une séduction fondée sur l’abus de pouvoir (quand il s’agit des maîtres de servantes ou de pères incestueux) ou la promesse de mariage (hommes du voisinage, militaires ou ouvriers de passage)".

      Et je ne suis pas certaine que la Bretagne ait été plus meurtrière que d'autres régions rurales.

      Si les tours d'abandon ont été introduits à Paris vers 1838 par Vincent de Paul, ils ne seront officialisés qu'en 1811. A leur apogée, ils ne seront que 250 dans toute la France ce qui ne résolvait évidemment pas le sort des enfants nés loin des villes.

      Je possède l'acte de naissance de mon arrière-grand-mère, une enfant déposée dans un tour d'abandon en 1857.

      C'est un sujet qui me passionne, tu l'auras compris...

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  3. Très intéressant ! Je suis comme toi, il m'arrive de creuser la piste d'illustres inconnus, juste parce qu'un acte m'interpelle.
    Les registres sont très bavards pour qui sait y consacrer du temps.
    Je file découvrir ton blog

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  4. Il se passera le meme genre de recherches dans pas si longtemps pour d'autres raisons. Les arbres genealogiques deviendront bien compliques mais l'essentiel reste encore et toujours d'Aimer.

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  5. " l'essentiel reste encore et toujours d'Aimer"

    Oui et peu importe le reste...

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