Il pleut. Encore et encore. La terre saturée est un bourbier. Avant-hier, le troisième cheval à partir de la gauche, celui dont on ne voit que le dos, a glissé et il est tombé. Sa maîtresse l'a découvert couché sur le flan quand elle est allée nourrir sa petite troupe le soir. Comme il ne pouvait pas se relever elle a bien sûr appelé le vétérinaire. Ce dernier a trouvé la petite licorne encore bien vive, il a dit qu'il fallait attendre un peu, qu'il fallait lui mettre de la paille un peu partout autour afin qu'il puisse prendre appui sur ses jambes sans glisser à nouveau. Il a hydraté et calmé l'animal.
Le lendemain matin, le cheval était épuisé à force d'avoir essayé de se mettre debout. Le voisin est venu avec des palans pour l'aider mais l'affolement de cheval n'a pas facilité les choses. Le vétérinaire est revenu avec un appareil du radiologie portable : fractures multiples du bassin. Il a été euthanasié.
(deux vaches avaient déjà subi le même sort chez mon voisin, les années passées).
Dans mon jardin, en observant les oiseaux, j'ai remarqué que les verdiers avaient un genre de cloques sur le bec.
Ils étaient aussi en très petite forme et ils se frottaient la tête sur la terre. Alors j'ai envoyé les photos à la LPO.
Ils sont atteints de la variole aviaire... Ils vont mourir. Les causes : l'humidité. Il a fait très froid puis il y a eu un redoux spectaculaire avec force pluies, on est passé de moins 10° à plus 10° et les bactéries se sont réveillées et ont explosé. Les conseils de la LPO, ne plus nourrir du tout, personne, parce que la maladie est très contagieuse et que les oiseaux se contaminent entre eux aux points de nourrissage. Le verdier est le premier atteint, il est d'ailleurs en déclin dans toute l'Europe mais les autres passereaux y sont aussi sensibles.
Depuis samedi, je n'ai pas revu un seul verdier mais je n'ai trouvé aucun oiseau mort (la LPO encourage à faire des comptages). Les autres passereaux semblent en bonne santé.
La nature peut être belle mais elle tue aussi sans que nous n'y puissions rien.
Aujourd’hui, la Bretagne accueille la dépression Félix...
Quelle tristesse. J'en suis retournée, comme toi aussi bien sûr.
RépondreSupprimerLes oiseaux d'ici ont l'air d'aller, la pluie et le boue doivent être un peu moindres que par chez toi. Mais c'est l'angoisse. As-tu arrêté le nourrissage ? Complètement ? Je ne sais pas quoi faire vu leur appétit, laisser les mangeoires suspendues, où les graines sont à peu près protégées de la pluie et nourrir au sol sur une plaque en béton en nettoyant tous les jours ? Evidemment ça n'empêche pas que certains continueront à manger ce qui tombe dans l'herbe et peut être parasité. Je vais aller observer les verdiers.
Je t'embrasse et t'envoie des pensées douces en ces temps pourris.
Non, je n'ai pas encore arrêté, j'ai laissé toutes les suspensions. J'avais distribué un paquet de graines au sol (5 kg) et évidemment il en reste encore.
SupprimerLe problème c'est que de nombreux oiseaux sont insectivores à la belle saison et qu'ils n'ont rien à manger l'hiver hormis les graines et la graisse. Ils sont habitués à être nourris, comment vont-ils faire ?
Dès qu'il va faire sec (on peut rêver) je vais donner un coup de chalumeau (celui qui nous sert à brûler les mauvaises herbes) sur le sol en brûlant large et arrêter
les distributions.
Normalement on doit cesser tout nourrissage à la fin mars mais je ne respecte pas toujours, ça dépend du temps. Ce qui est bizarre, c'est que cette année aucun verdier ne s'est accroché aux suspensions alors qu'habituellement ils font leur cinéma pour effrayer les mésanges et autres grimpeurs.
J'ai fait un tour complet du jardin et je n'ai vu nulle part d'oiseaux mort.
Je ne sais pas pour le béton, c'est mieux que la terre mais il suffit de quelques fientes pour tout contaminer. Et puis les oiseaux se battent entre eux, alors...
En tout cas, aucune autre espèce ne semble souffrir de quoi que ce soit.
Ce qui est terrible pour les gros animaux morts, c'est que c'est l'équarissage qui vient les chercher et généralement les employés ne sont guère délicats. La camion doit passer demain et j'en suis malade. La voisine et ses enfants sont effondrés.
Je t'embrasse
Difficile d'être gaie après ça,j'en ai des frissons...la campagne est loin d'être idyllique,et ça fait mal,j'en suis triste,et je t'embrasse toi qui es au cœur de cette Bretagne si belle et parfois tragique.
RépondreSupprimerJe crois Cham que ça peut arriver partout. Durant les récentes inondations je me posais des questions sur le bétail et tous ces animaux qu'on ne voit pas ou rarement, auxquels on ne pense pas ou rarement, desquels on a peur parfois.
SupprimerLes animaux à terriers doivent si terriblement souffrir...
L'humanité est un tout, hommes et bêtes mêlés et les uns ne valent pas plus que les autres s'ils ne prennent pas conscience que la souffrance peut exister partout.
Je ne pense pas qu'il y ait de lieux idylliques, il y a des lieux plus adaptés mais que la nature s'égare et tout s'écroule.
Si j'étais davantage dans la vie sociale, peut-être que je remarquerais moins ce qui se passe autour de moi...
Je t'embrasse aussi ma Chamounette.
La souffrance est partout mais surtout plus dure pour tous ceux qui ne peuvent s'exprimer dans notre langage.
RépondreSupprimerEtre attentif et conscient, se renseigner comme tu l'as fait. Observer et relayer.
Aucune souffrance ne m'est indifférente. Parfois des personnes ne possèdent pas notre langue et ne peuvent non plus s'exprimer.
SupprimerC'est un drôle de monde que le nôtre où trop souvent le chacun pour soi prime sur tout le reste.
Mais c'est vrai que la faune n'a que l'observation des hommes pour tenter de remédier à ses tourments.
L’équarrissage n'est pas passé pour le cheval, il toujours au bord la route dans sa bâche depuis ce matin...
Bonsoir Mine de Rie, l'humidité est aussi rude pour la terre et les animaux que la sécheresse et la terre n'est pas maîtrisable par l'homme. Ce billet est éclairant et lucide.
RépondreSupprimerMerci Jerry de ton passage et de tes mots toujours si gentils
SupprimerJe préparai ce matin un article pour le printemps ... celui qui chante!!! mais il est aussi vrai et bien présent celui qui souffre... pour les animaux comme pour les gens .
RépondreSupprimerceux que l'on comprend et ceux que l'on ne comprends pas.
J'ai connu autrefois ces attentes du camion de équarrissage chez mes voisins éleveurs...quelle horreur!parfois, la bête était à la limite de la décomposition et ils la soulevait à la grue !!! enfin , je n'ai pas à te dire l'image tu t'en doutes!
mais on ne peut pas grand chose. J'ai beaucoup de verdiers, mais ils semblent en forme! je vais scruter plus attentivement.
Ici aussi, il pleut encore. j'avais choisi de travailler dedans ce matin, prévoyant de tailler un peu plus cet après midi.mauvais choix! j'espère que demain sera plus clément car je suis en retard pour les dernières tailles des rosiers buissons
Onsen va un peu mieux mais ne guérit pas! toujours des diarrhées!!! je dois refaire un prélèvement en fin de semaine pour refaire une autre analyse
Le mari, lui, a eu de la chance... la confirmation de son analyse pour suspicion de hépatite C est négative.Mais on nous a laissé dans l’inquiétude pendant presque 3 semaines....
Est-ce pour tous ces soucis que je croule sous les douleurs de partout...ou parce que j'ai ajouté deux chutes en dix jours! Bref, le kiné ne change rien à rien!
Voila Marie, je t'embrasse
Ces verdiers sont en effet bien piteux (peut-être n'y en a t il qu'un d'ailleurs) Le froid va revenir mais les oiseaux ont confiance, ils bâtissent leur nid, ils partent à la conquête de leur territoire et ils font savoir qu'ils sont là et bien là !
RépondreSupprimer"La nature peut être belle mais elle tue aussi sans que nous n'y puissions rien." écris tu. Tu parle des virus mais en ce qui concerne le froid et les maladies des animaux domestiqués l'homme est responsable de ses "bêtes" qui ne méritent pas de se trouver désemparées, coincées dans un trou boueux. Les animaux sauvage eux peuvent monter sur une hauteur, se trouver un endroit sec et abrité à couvert à défaut d'avoir quelque chose à se mettre sous la dent
RépondreSupprimerMon beau-frère aux ânes dans les Alpes de Haute Provence a eu d'abord une anesse puis un âne puis un cheval etc... Parfois on lui confie un âne, il a récupéré une vache que sa fille a sauvé bébé et à qu'ils ont évité la boucherie. Il a aussi des chèvres. Alors il les met en pâture dans des endroits qu'ils entretiennent et qu'on lui prête. Il en fait le tour tous les jours à la belle saison. Cela prend beaucoup de temps (on l'a accompagné dans sa ronde) Lorsqu'il fait mauvais, il les abrite dans des box en dessous de chez lui qu'il a construits de ses mains. En 2014 nous lui avons rendu visite avec Monsieur O et Mlle A. Il leur a montré comment s'occuper des ânes et on voit sur les photos en arrière-plan > Soins aux sabots et brossage de la robe
RépondreSupprimerMlle A brosse Victor, derrière c'est Spadassou, le deuxième âne de mon beau-frère, trop vieux pour se fatiguer et tirer la carriole mais pas pour se promener avec un enfant sur le dos (et nous marchant à leurs cotés)
SupprimerDans les Vosges à Liezey, les vaches laitières rentrent le soir seules à l'étable. Mlle A a été ravie de visiter la ferme. J'ai fait un message ICI. Nous étions enchantés d'être enveloppés de la délicieuse odeur du foin
RépondreSupprimerDistribution de la luzerne.
RépondreSupprimerLe foin a l'avantage d'être sec et plus riche en nutriments que l'herbe fraîche
En été les troupeaux sont sur les chaumes, les vaches sont traites à l'aide de salles de traite mobiles. Et puis il vient un moment où les fermes d'altitude ferment et sont abandonnées sous la neige et les vache réintégrées plus bas, à l'étable en attendant la belle saison.
RépondreSupprimerNous avons visité la ferme pédagogique de Pontoise samedi dernier pour montrer les animaux à Little Jo qui n'y était jamais allé et à Monsieur O. Les boxes aux cochons, chèvres, poney etc sont soigneusement paillés et très propres
RépondreSupprimerPasse une bonne soirée Marie. Il fait encore jour, c'est chouette !
Bises
Il y avait effectivement plusieurs verdiers très mal en point. Je ne les ai plus revus, ils ont dû mourir quelque part. D'autres sont présents mais semblent en bonne santé. J'ai totalement arrêté de nourrir au sol.
SupprimerLes chevaux de ma gentille voisine ne sont pas coincés dans un trou boueux. Ils sont dans un pré normal. Ils ont un abri en dur avec du foin où ils peuvent aller quand ils le souhaitent. Ils sont ferrés et vus par le vétérinaire régulièrement. Matin et soir ils ont un complément de granulés. J'ai rarement vu quelqu'un qui s'occupait aussi bien de ses animaux.
Elle leur met des couvertures aussi, pour les protéger du froid et de la pluie incessante.
Ce qui s'est produit en réalité, c'est effectivement que ce cheval a glissé, que sa couverture a glissé aussi et qu'il s'est empêtré dedans. Comme elle ne passe évidemment pas ses journées au pré, elle ne l'a découvert qu'au moment de la distribution des granulés le soir.
Ce que personne ne comprend, c'est l'état des pâturages ici. Partout.
Les animaux à sabots les piétinent et ils deviennent très vite boueux. Il faudrait posséder trois fois plus de terres pour pouvoir effectuer des rotations suffisamment souvent. Autour des abris, des abreuvoirs et des zones de repos, c'est un cloaque.
La terre est saturée, elle n'absorbe plus rien. Les Monts d'Arrée, ne sont pas les Alpes de Haute Provence ni les Vosges.
Je connais bien les chevaux Lucie. J'ai été cavalière pendant 20 ans et j'éprouvais autant de plaisir à les soigner qu'à les monter, peut-être même davantage. C'est pourquoi je suis sûre que ma voisine les soigne bien.
(Et les ânes n'ont pas les mếmes besoins que les chevaux, un pré normal est bien trop énergique pour eux).
C'est vrai que les jours rallongent vite, à 19 heures il fait parfaitement jour encore. Quitte la nuit fait un bien fou !