mercredi 31 janvier 2018

Chats d'hiver...

Parmi eux et depuis un peu plus cinq ans, il y a la fille de la maison (qui n'aime toujours pas qu'on la touche, qui a toujours la même distance effarouchée vis à vis d'à peu près tout le monde et qui ne veut plus mettre une patte à l'extérieur) : Julle.


Il y a le sauvage, qu'on peut toujours nommer ainsi parce même s'il est collant comme de la glu, même s'il apprécie plus que tout se vautrer sur tous les endroits des corps humains à sa portée, il manifeste encore parfois ses anciens réflexes de bête traquée.



Jusqu'à vendredi, il dormait toujours avec moi. Mais sa visite chez le vétérinaire (où il a dû être anesthésié pour  être examiné parce qu'il avait  saccagé les murs neufs,  griffé, mordu et pissé partout en sautant au plafond) a dû lui faire perdre la mémoire parce qu'il recommence à jouer sa diva. Il refuse de rester plus de 5 minutes dans la maison, il ne veut plus y prendre ses repas et il hurle le soir pour sortir. J'ai tenté de le contraindre à rester dedans mais j'y aurais laissé ma santé et mon sommeil.  Qui n'a jamais entendu ses hurlements ne comprendra jamais.

Je l'ai emmené chez Marilyn parce qu'il avait vraiment une petite forme, il bougeait peu et il ne mangeait plus). Je l'ai dit en commentaire, il avait des blessures partout (des vieilles cicatrisées mais aussi des moins vieilles et des très récentes qu'il a fallu soigner).  Je pensais au départ qu'il avait une énorme dermite sous le cou mais c'était en fait un abcès qu'il grattait. Comme je trouvais qu'il respirait mal (il s'étouffait en ronronnant !) il a aussi eu une prise de sang et il a été radiographié :


Tout baigne, il est en pleine forme, il n'a pas le F.I.V.  ni quoi que ce soit de moche  ce qui est surprenant pour un chat qui a erré je ne sais combien d'années avant d'arriver chez moi (à propos d'âge, Marilyn, la vétérinaire, m'a assuré qu'il était impossible de donner un âge précis à un chat entre deux et 10 ans).

Il ne sera pas vacciné parce qu'étant donné le cirque qu'il a fait au cabinet  et celui qu'il avait fait à la maison avant que nous réussissions à le mettre dans sa caisse de transport, personne ne ferait ça tous les jours sans compter qu'il ne peut pas être anesthésié trop souvent.

Il est assez surprenant parce qu'il comprend des mots. Si je lui dis : viens là, il vient. Si je lui, non pas là, ici. Il obéit.  Il comprend  aussi "pousse-toi" et "donne ta patte" (celle que j'avais dû soigner à un moment).  Je n'ai pas fait le compte mais il est vraiment réactif à certaines de mes paroles. Malgré ses travers, c'est vraiment un chouette mec.


Depuis la rentrée des classes, nous avons de nouveaux voisins gentils comme tout qui possèdent :

- quatre enfants
- quatre chiens (2 bouledogues français, un boxer et un berger allemand)
- trois chats (une persane, un croisé maine coon et une chatte dite de gouttière)
- onze  chevaux (qui pataugent actuellement dans la boue)
- deux boucs  pour manger les ronces des talus
- des poules
- un lapin nain

(à part les gosses, les poules et le lapin, tout ce beau monde est stérilisé).

Liste non exhaustive, je ne suis jamais rentrée chez eux.

Il y a bien eu quelques accidents (les chevaux se sont échappés deux fois, les boucs deux fois, les chiens quatre ou cinq fois) ce sont des gens qui s'occupent parfaitement de leurs bestioles et qui sont très vigilants quant aux éventuelles nuisances que leur ménagerie pourrait causer (imaginez onze chevaux dans votre petit  jardin...).

Les seuls qu'ils n'arrivent pas à contrôler, ce sont deux de leurs trois chats. Je n'ai jamais vu la persane, c'est une princesse orientale et les princesses  ça ne marche pas dans la boue, la bouse ni sous la pluie...

En revanche, le croisé maine coon et la gouttière ne se privent pas d'envahir le territoire des deux premiers cités.

Voici d'abord  la gouttière parce que même si elle est très présente, elle est aussi d'une grande timidité (j'ai oublié son nom à la petite) :



Et enfin (parmi les chats "encadrés") le plus beau, le plus gentil, le plus gonflé aussi : Litchi, le croisé maine coon qui à 8 mois est déjà deux fois comme Julle ou le sauvage :



Ce gamin est raide-dingue de Julle. Il passe une partie de sa vie derrière une fenêtre ou l'autre à l'attendre ou à lui faire les yeux doux. Bien entendu Julle ne peut pas le voir en peinture, elle crache, grogne ou feule dès qu'elle le voit. Elle lui colle aussi des beignes mais toujours derrière la vitre. Elle ne prend aucun risque.





Il n'hésite pas à rentrer, il semble chez lui partout, il est très à l'aise et d'un calme olympien. Il ne semble pas dominant avec ses congénères.

Tout ce beau monde (à part Julle) a un hobby, c'est guetter les oiseaux, ceux-là même qui sont en train de me bouffer  mon PEL  :


Pour ça, ils se cachent sous la spirée dénudée et ils restent des heures le nez levé
vers le portique, à mater.

Litchi

Le sauvage

La petite gouttière
Il y a depuis peu, une petite malheureuse à la queue cassée qui vient aussi près des oiseaux. La dernière fois que je l'ai vue elle mangeait des graines au sol. Elle est aussi sauvage que le sauvage au tout début de sa présence ici mais je ne peux pas la nourrir dehors parce que dehors, il y a un ... renard.



Je n'ai pas de photo du renard ni de sa compagne (une autre chatte sauvage absolument noire).

La chatte vit dans l'étable depuis presque un an et elle n'en bouge pas ;  je ne l'ai jamais vue (mon mari des tas de fois). Le renard vit dans l'étable depuis l'automne. Au début, la chatte noire dormait avec les veaux, pour se réchauffer probablement. Puis les veaux ont grandi et ont quitté l'étable. C'est alors que le goupil est arrivé (il traînait déjà dans le coin) et ces deux-là se sont en quelque sorte trouvés puisqu'ils font  maintenant leurs siestes ensemble.

J'avais acheté des croquettes pour la chatte, croquettes que j'avais données au stagiaire de la ferme (qui adore les animaux) mais le voisin ne souhaite pas qu'on nourrisse ses pensionnaires sinon ils ne vont plus chasser les souris qui dévorent les céréales des cochons. 

La chatte bénéficiait quotidiennement  de petit lait de la fromagerie. Le renard, qui avant allait en piquer  dans les bidons destinés aux porcs, a trouvé le filon. Pourquoi se fatiguer alors qu'on est servi matin et soir ?

Depuis, deux fois par jour, ces deux-là attendent côte à côte leur ration. Même le voisin commence à en être attendri. Il peut les approcher (pas les toucher) à 50 centimètres et les observer pendant qu'ils lapent.

Il n'y a que Nicolas, le stagiaire, qui puisse caresser et même prendre la chatte dans ses bras. Il n'a pas encore essayé avec le renard...

Tout ça pour dire que si je mets des croquettes à l'extérieur pour les chats errants (si je pouvais les trapper, je les ferai stériliser), c'est le goupil qui les mange. Lui je le vois assez souvent, il traverse la cour, il nous observe, il  attend parfois derrière la porte mais le temps que j'aille chercher mon appareil photo, il a évidemment déguerpi.

J'espère qu'au printemps des hirondelles, les deux félines n'auront pas des tripotées de chatons. Et peut-être que le renard dont j'ignore le sexe (il faudra que je demande à Nicolas),  trouvera un/une fiancé()e, qu'il  ira vivre sa vie dans la nature et qu'il apprendra à se méfier des hommes parce que les chasseurs ne lui feront pas de cadeau.

Les boucs en cavale

Une partie des chevaux en novembre 2017








14 commentaires:

  1. Un moment de félicité pure que tu viens de m'offrir, à partager la vie de ce beau monde (mère nourricière et soigneuse de haute compétition comprise). J'espère que la petite Cosette deviendra moins farouche (oui, tu n'es plus à une bestiole près à prendre en charge). L'histoire du renard et de la chatte, me laisse estomaquée et enchantée, un vrai conte, et si en plus ils ont un copain zumain sur place. :-)

    Tous ces chats sont magnifiques. Et tes photos ensoleillées (dis donc, tu nous mens, il fait beau parfois dans ton coin hors du monde !) leur rendent hommage. Même s'il reste un peu bretzingue, le Grand Sauvage a quand même opéré une reconversion civilisée spectaculaire.
    Fais gaffe, quand le Garfy s'est imposé chez moi, il a commencé par faire les yeux doux à ma donzelle et à camper sur les bords de fenêtres... Ah les Maine Coon... Mais bon, ma Mistinguett toute poilue de 2,5 kilos tout mouillés fait une excellente Maine Coon de poche.

    RépondreSupprimer
  2. Je ne mens pas, j’ai dit qu’il pleuvait 300 jours par an, ça laisse 65 jours pour prendre des photos...

    Ah les Maine-Coon oui, c’est aussi un vieux rêve mais au prix du kilo ils sont un peu chers (et puis ça irait à l’encontre de mon étique personnelle d’acheter un chat alors qu’il y en a tant d’abandonnés). Cette race de chat dégage une "force tranquille" impressionnante.

    Tu sais je ne force pas les choses avec le beau Litchi parce que je n’aimerais pas que mes propres chats aillent s’installer ailleurs, non seulement j’en serais malade mais en plus je me sentirais totalement dévalorisée. Peut-être que ce beau gosse se sent plus tranquille à la maison parce qu’il n’y a pas de chien. Je triche un peu parce que je lui donne quelques croquettes chaque jours.

    Le stagiaire du voisin est vraiment un jeune homme atypique. Il a été ingénieur agronome puis comme dans chaque emploi qu’il a occupé, lui aussi faisait des trucs contraires à son étique personnelle, il a fait des études d’histoire et enfin d’informatique. Il a fait plein de petits boulots alimentaires en attendant de trouver un emploi qui le satisfasse vraiment et c’est pendant cette trop longue période qu’il a découvert le monde agricole (c’est un pur citadin) ; ça lui tellement plu qu’il a décidé de faire une reconversion professionnelle. Il avait déjà travaillé ici 3 mois pour avoir un peu de fric et comme le voisin a monté un GAEC et lui a demandé si ça l’intéresserait de l’intégrer, il a accepté. Donc il est en stage de reconversion jusqu’au début de l’été. Parallèlement et un jour par semaine, il est prof d’informatique dans un lycée.

    Il m’a confié avoir un peu la trouille au niveau de la gestion du bétail parce que le voisin ne fait pas de sentiment. Depuis qu’il est là, c’est lui qui s’occupe des génisses au pré. Ces dernières sont gardées à l’étable quelques mois afin qu’elles se familiarisent à la présence des hommes et ensuite elles vont au pré jusqu’à leur puberté. Inutile de dire qu’elles retrouvent très vite une forme d’instinct sauvage et qu’elles ne sont pas toujours faciles à approcher. Mais quand elles l’aperçoivent, c’est comme si elles voyaient le père Noël. Bref, il a à la fois un grand respect pour le monde animal et à la fois un contact très fort avec lui, sans se forcer, c’est absolument naturel. Il a la grâce…

    Le renard était déjà adulte quand je l’ai aperçu pour la première fois en août (il nous observait Thibault et moi, prendre notre petit déjeuner par la porte ouverte).

    (j’ai rajouté des photos des chevaux et des boucs).

    RépondreSupprimer
  3. Voilà vraiment de beaux chats... au moins, ils te distraient et te changent les idées moroses devant tant de pluie... si je je m'en réfère à moi, trop de jour de pluie et sans plus de quelques jours de soleil faiblard depuis novembre, ne me fait pas avancer!!!
    Sinon, Onsen n'est pas bien non plus... là je viens de préparer 2 comprimés et il s'est vite enfui dans l'escalier. dés qu'il a compris , les oreilles se sont mises à l'oblique et les yeux étaient entre la peur et la colère!!! Ah oui, nos animaux n'ont pas besoin de la parole...
    Les mésanges aussi ont repris d'assaut les mangeoires .
    Des très bons moments à regarder ce monde animal et beaucoup de bien être procuré.
    une belle soirée au coin du feu sans doute avec le chat derrière toi dans le fauteuil.... Onsen aussi fait ça
    Bisous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu sais, même si je ne m'y fais pas, j'ai l'habitude de la pluie. Ce qui me navre c'est que je ne peux pas sortir tant j'ai peur de glisser (parce que je supporte quand-même quelques gouttes maintenant que j'ai fait couper mes cheveux très courts). Ici c'est le royaume des mousses et on ne fait pas mieux pour glisser.

      Il existe des seringues spéciales pour faire avaler les comprimes aux chats, c'est ce que j'utilise pour Julle quand elle en a besoin. Je prépare et j'attends qu'elle, elle ne s'y attende pas. Elle n'est pas contente, elle me tue du regard mais elle est soignée...

      J'ignore si Onsen est bavard mais de nombreux chats (et aussi les chiens) le sont. Je suis toujours étonnée du nombre et de la variété des miaulements des chats pour se faire comprendre.

      Le chien il est vrai, est souvent plus démonstratif avec son corps et son regard mais il y aussi des chiens qui "parlent".

      Aujourd'hui j'ai ravitaillé les oiseaux du ciel. Maintenant j'attends un peu avant de suspendre, il y a tant de nourriture au sol qu'ils peuvent s'en nourrir plusieurs jours. Et ce qui est drôle et surprenant, c'est dès que j'ai le dos tourné pour rentrer, tout le monde arrive, toutes les espèces arrivent et se ruent sur les suspensions.

      J'espère qu'Onsen va aller mieux (quel âge a-t'il maintenant ?).

      Bises Maryse





      Supprimer
    2. Onsen a 7 ans bientôt 8... il est encore tout jeune par rapport à ma Cookye que j'avais avant! ramenée du Gabon, coupée d'un siamois et d'un chat sauvage, elle était superbe et d'une intelligence au dessus de la moyenne. elle m'a accompagnée partout et a vécu, plus de 22 ans. Ses trois dernières années , sur trois pattes et sans queue, car un taré l'avait passé dans un girobroyeur!!!
      J'espère que Onsen m'accompagnera jusqu'à la fin de mes jours...
      et Oui! il parle!!!
      Bises Marie

      Supprimer
    3. Bendidon, tu as le moral !

      Même si Onzen vit encore 12 ans (20 ans me paraît être un bel âge pour un chat), tu ne seras pas si vieille que ça, enfin il me semble…

      22 ans c’est quand-même assez rare, non ?

      Supprimer
  4. Des joies,de l'enchantement et aussi des craintes pour toutes ces vies précaires....
    Tes photos ont une émotion incroyable.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai Cham, je mesure la chance que j'ai de pouvoir observer, de simplement voir...
      Tant de personnes ne voient rien.

      Je parlais du comptage d'oiseaux qui est chaque année mis en place par les ligues de protection des oiseaux. Et ma voisine m'a dit : chez moi il n'y en a aucun...

      Tu as raison aussi pour les craintes mais je crois qu'on ne peut pas aimer sans craindre.

      Quand je photographie des animaux, je ne cherche pas à rendre une émotion mais qu'elle existe dans le regard de l'autre en voyant mes clichés est un cadeau.

      Supprimer
  5. et le squelette du Prince est très élégant ; )

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. N'est-ce pas ?

      Aucune espèce de pathologie m'a dit la véto, c'est si rare qu'elle m'a envoyé l'image...

      Supprimer
  6. Merci pour ce beau texte agrémenté de pépites d'humour et fort bien illustré d'un grand nombre de photos intéressantes dont certaines sont vraiment superbes.

    Ma journée commence bien.

    RépondreSupprimer
  7. Magnifique portrait en 1! Belle composition. La radio n'est pas mal elle non plus!
    J'ai tout lu attentivement vu mon amour des chats... pourrais-je décrire les chats qui passent, en s'arrêtant parfois longuement dans notre petit jardin? Non. Leur donne un nom? Non. Les prendre en photo? Cela pourrait m'arriver si ce que je vois m'attire l'oeil et ce qui va avec. Leur donner à manger? Non. Essayer de les approcher pour converser? Non.
    Bon revenons à nos moutons ou plutôt à ton billet. Ton stagiaire de voisin va certaienement les rendre moins farouches, vous m'en expliqueriez à vous deux.
    Quand aux oiseaux: qu'ils continuent à voleter et à égayer nos vies longtemps, longtemps. Les rouges-gorge vivent environ douze ans...
    A +

    RépondreSupprimer
  8. Je n’aime pas que les chats Thérèse, je crois que j’apprécie pratiquement tous les animaux, c’est seulement plus simple d’avoir des chats chez soi.
    (ils sont aussi si incroyablement photogéniques…)

    Nourrir (secourir) les errants quels qu’ils soient, je ne saurais faire autrement quitte à m’en mordre les doigts.

    Si je n’avais pas de problèmes de mobilité, je crois que je reprendrais un chien pour ce qu’il apporte de différent des chats. La communication avec eux est certainement plus simple, plus immédiate, leur langage corporel est beaucoup plus accessible.

    Je me demande aujourd’hui comment la chatte et le renard ont résisté au « curage » de l’étable vendredi et samedi… C’est une entreprise extérieure qui vient le faire avec d’énormes et bruyantes machines. Il faut enlever tout le fumier accumulé, le charger et l’évacuer, curer le sol, le laver et enfin remettre de la paille propre (tout ceci a lieu une fois par an en prévision des vêlages nouveaux qui ont d’ailleurs commencé).

    Et vivent (longtemps) nos oiseaux !

    RépondreSupprimer