mardi 9 juin 2015

Une odeur de foins coupés

Je ne connais rien de plus prégnant, de plus évocateur, de plus doux, de plus enchanteur, que l'odeur des foins coupés.

Plus je vieillis, plus elle me chavire le cœur par tout ce qu'elle provoque de réminiscences.



La fauche cependant, dérange ou détruit  de nombreux  petits rongeurs qui avaient élu domicile dans les prés ; et chaque soir les renards viennent s'y nourrir. C'est une merveille à observer. 

L'animal  guette, écoute et d'un bond rapide comme un éclair, il saute sur sa proie. On dit alors qu'il mulotte...

Je ne possède pas un appareil  suffisamment performant pour les photographier et le goupil est infiniment méfiant. Il faut se tenir assez éloigné, ne faire aucun bruit et rester sous le vent.

Hier après-midi, j'en ai vu deux de très près en marchant mais je n'avais pas mon appareil photo. Je suis donc ressortie le soir et j'en ai aperçu quatre. Je n'ai pas réussi à capturer les bonds du mulottage...







Les pies se tiennent toujours à proximité des chasseurs (et des mangeurs en général, elles viennent  se ravitailler dans les auges des cochons du voisin et parfois même elles se posent sur eux).




Chaque fois que je peux observer de telles scènes, j'ai le sentiment de voir quelque chose d'interdit qui ne se jouerait que pour moi.
Photos de piètre qualité donc... 
Mais le cœur y est.

30 commentaires:

  1. Quel merveilleux message, Marie ! Il a l'odeur de l'herbe juste coupée, la fraîcheur d'un soir de fin de printemps...
    "Foin" me fait immanquablement penser à ma petite-fille qui disait "Toin" et ne voulait en démordre (un an après cela lui avait passé)

    http://cergipontin.blogspot.fr/2014/04/le-gros-betail-cattle.html

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  2. Quant aux renards opportunistes... Ils me font souvenir de mon beau-frère racontant comment son vieux chien Pacha avait pris sous son aile le jeune Nelson et lui apprenait à passer le nez dans les sillons pour avaler des friandises chaudes (il faudrait noter ce que l'on entend et dont on croit se souvenir pour toujours tant c'est fort mais que la mémoire laisse échapper pour ne retenir plus que la musique et non les paroles. En cela le blog est très utile)

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  3. J'aime aussi ces moments où on laisse égrener le temps, on voudrait qu'ils durent toujours et puis on s'éveillent comme d'un rêve...

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  4. Tu connais bien entendu ce Koan :
    "L'arbre qui tombe dans la forêt fait-il du bruit si personne ne l'entend ?"

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  5. Le plus ancien souvenir que j'ai de cette odeur d'herbe coupée est d'une fois où notre mère nous avait donné un sandwitch, nous étions allés le manger dans la descente de la colline sur laquelle nous vivions et que les ouvriers nettoyaient de son herbe et de ses fourrés. Je mangeais un sandwitch à l'herbe, du moins en avais-je l'impression... Et ce n'est pas mauvais...

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  6. Quelles merveilleuses photos,la Vie Sauvage est là toute frémissante et sereine sous ton regard
    Bises parfumées de romarin

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    1. Frémissante et sereine : c'est tout moi...

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    2. L'odeur du romarin me rappelle "les Champs d'honneur" de Jean Rouaud. Est-ce dans ce livre qu'il dit en parlant de l'odeur de romarin de la garrigue qu'il croit sentir l'odeur du pot-au-feu en se promenant ?

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  7. Piètre qualité dis-tu...?
    La lumière de tes photos est magnifique et en les mettant en grand on voit très bien la quête du renard et de la pie ...Un merveilleux spectacle ...
    Comme toi le parfum des foins coupés me remue le coeur ...si tu savais combien j' ai " pressé ou catché " de foin dans les chars tirés par de gros boeufs dont la puissance me fascinait ..ce sont là mes plus beaux souvenirs de vacances ...j' ai encore le goût de la tartine de pain beurre saupoudrée de chocolat et enfournée dans un paquet de café que ma grand-mère apportait au pré pour le goûter ...
    Quant aux renards je ne savais pas qu' ils fouinaient le terrain après cette récolte ...patience il en faut pur prendre de telles photos ..mais le bonheur est dans les yeux , la joie est dans le clic ..:-)
    Encore Bravo Marie ... plein de bisous de mon matin soleil ...!

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    1. Oui Mathilde, de piètre qualité, je persiste. Et si la lumière est belle, ce n'est pas grâce à moi.

      Il me faudrait un appareil (et un objectif) plus performant mais j'aurais peur
      de ne pas savoir l'utiliser correctement (et puis ça pèse son poids).
      D'autre part, il me faut crapahuter un peu pour parvenir "à la vie sauvage" et le pied de l'appareil est assez encombrant (je ne l'avais pas pris).

      C'est vrai que c'est du pur bonheur ces scènes de vie intime des sauvageons des prés, forêts et landes. Je ne m'en lasse jamais.

      J'ai assisté dans mon enfance à ces coupes des longues journées mais je n'y ai jamais participé. En Beauce c'était les chevaux (de magnifiques percherons) qui tiraient les chars.

      Je crois que mon premier amour a été un charretier qui m'enlevait du sol pour m’asseoir derrière le collier de son cheval. J'avais cinq ans et ça a été le début de cette immense attrait que j'ai encore aujourd'hui pour les équidés (en même temps cite-moi un mammifère pour lequel je n'ai pas d'attirance...).

      Merci pour tes souvenirs et pour m'avoir rappelé le goût de la tartine de beurre
      au chocolat (maman le râpait dessus).

      Même si on ne vit pas en permanence dans le passé, certaines réminiscences nous apportent tant de douceur pour les jours où elle fait défaut...

      Je t'embrasse fort.

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  8. Décidément ce n’est pas gagné avec les commentaires mais cette fois-ci j’ai été prévoyante et j’ai gardé une copie car parfois l’inspiration joue, d’autres fois elle ne veut plus jouer…
    J’emporte la trois et la quatre pour y rattacher mes propres souvenirs d’odeur de foin coupé, de l’aller et retour de la faneuse devant la maison, des renards qui rôdent un peu plus loin, ils ne s’aventuraient jamais près de la maison mais on pouvait voir leur ombre courir à pas feutrés le long de la haie du fond. Les enfants défiaient l’interdiction de jouer près des meules, le bain du soir dévoilait tout. Les grosses balles : nous ne les avons connues que quelques années plus tard lors de nos visites en France des US, les enfants ne voyaient plus aucun intérêt dans le fait de s’approcher du foin. Ils courraient par contre dans les lignes de tracteurs des champs de lin dans le village d’à côté ou avait déménagé leur grand-mère entre temps, le cheveu au vent le soir, je redécouvrais durant ces recréations les coquelicots qui avaient décidé je ne sais pourquoi de revenir sur leurs pas d’antan. Je cherchais et cherche toujours les bleuets, revus depuis mon retour en France il y a trois ans déjà pour la seconde fois à l’abbaye de Fronton dans le Gers. Ailleurs point de bleuets. Y en a-t-il dans ton coin ?

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  9. L'amour dans le foin ….
    ça pique même si ça sent bon!

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    1. Faut tout prévoir,le couchage,les pilules ,la crème contre les piqures et le petit capuchon….faut dresser une check list!
      Décidément ce n'est plus de mon âge,je vais me contenter de respirer ces parfums d'herbes coupées,tant qu'il me reste un peu d'odorat.
      Averses de Bisous ,tous aux abris

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    2. T'es vraiment une rigolote toi...

      Idem-idem et beau voyage dans les pas de François 1er ma mie.

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    3. Tu me traites de "rigolote" alors que tu commentes ainsi sur mon blog
      "Toute ma vie, j'ai rêvé
      "D'avoir, d'avoir...
      "Les fesses en l'air !
      Alors nous sommes deux coquines !
      Bisous frais et nocturnes,je m'en vas boucler mon balluchon….

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    4. J'avais écrit : les fesses EN l'air (et pas les fesses A l'air), ma mie.
      Il y avait là une nuance...

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  10. tu fais de beaux reportages, quelle belle patience tu as ! l'odeur du foin coupée, ça me rappelle l'approche de l'été, la fin de l'école et l'innocence de mes jeunes années .... moi aussi j'adore cette odeur.

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    1. Oui Mel, douce odeur qui dure trop peu de temps. Il a plu depuis et les fragrances ont disparu jusqu'à l'an prochain.

      Je ne suis pas particulièrement patiente mais pour ce qui concerne la nature, sans patience on ne voit rien, on n'entend rien.
      L'observation silencieuse est souvent une forme de méditation et dans tous les cas, une communion profonde avec l'environnement.

      Et j'ai besoin de ça...


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  11. Réponses
    1. Il y a les antihistaminiques pour les rhumes des foins !

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  12. Oh... La bienheureuse !
    Je crois bien sentir le chaud du foin me chatouiller la narine...
    Puis... Je me surprends à tendre l'oreille !
    Je veux bien braver les interdits et devenir receleuse pour pouvoir partager des instants comme ceux-là.
    Puis, c'est bon de te lire, arrêtée sur l'enchantement, retenue par de si beaux moments.
    J'me demande si demain matin, les vaches sur le bord d'mon chemin me feront le même effet...
    Va savoir !
    M'restera toujours le foin...
    A nos éternuements et surtout au meilleur de tes heures.
    (M'est avis qu'il s'tient là, lui aussi à l'affut, dans un coin de ton cadran...)
    Je te souhaite la douce et belle soirée,
    Lydaine.

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    1. Lydaine,

      Je réponds petit à petit aux commentaires parce qu'il me faut du temps à penser et à rédiger : je suis plutôt lente dans la vie, moi.
      Il semble vouloir faire beau depuis lundi et dans nos contrées du centre-nord-ouest il faut saisir au vol les rayons du soleil ainsi que d'autres instants.

      Les rounds de foin ont été ramassés et il n'y a plus de goupils dans les prés fauchés. En revanche d'autres musardent parmi les vaches du voisin après complies...

      C'est la saison de tous les émerveillements pour peu qu'on sache s'arrêter, observer, se laisser « capter », s'imprégner. Je suis forte à tout ça, un rien m'est effectivement merveille.

      En ce moment dans la réserve à bois, il y aussi les hirondelles qui nourrissent leurs enfanteaux à tire d'ailes-mêmes et c'est chaque année une grande émotion. Je vais voir dix fois par jour mes petits bijoux (il en a cinq), je veille bien que la petite chatte Julle ne soit pas grand captureuse d'oiseaux.

      Et puis il y aussi toutes les promesses de fleurs et de fruits sauvages à surveiller. Juin est un mois de promesses.

      La nature est grande pourvoyeuse d'émotions, il ne faut pas en rater une...

      Aux tiennes (d'émotions...) avec toute mon amitié.

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    2. Oh... Je sais... Ou plutôt, je ne cesse d'apprivoiser la lenteur, cette compagne exigeante, si attentive et attentionnée, qui sait d'une ritournelle devenue coutumière me ramener à l'économie du geste et même de la pensée.
      Et puis... Parfois, entendre suffit... On sait que l'écoute viendra plus tard, au détour d'un éclat d'humeur joyeuse, d'une suspension de l'heure, d'un échos reçu ou d'un élan soudain venu d'"ailleurs" ignorés ! Répondre devient alors un plaisir, parfois même une urgence. Mais même les silences ont leurs histoires cachées.
      Et moi, je n'aime pas trop déranger ces alchimies et encore moins m'offenser de leurs manières.
      Tu dis bien la nature, toi... L'attente, ce plaisir juste à regarder, à recevoir, à découvrir, à s'étonner, à renifler sans cueillir, à saluer sans rien déplacer...
      Entre frangines, cousines, voisines... Ce devrait être tout pareil... Non ?
      Tu vois, là, j'avais le goût de te dire ma présence, celle qui te suit près des hirondelles.
      Chez moi, ce sont les alouettes qui savent d'une envolée sifflée briser tous mes cadrans. Plus d'heure, plus d'âge, plus de lieu... Elles me ramènent tout à elles.
      Tout comme ce soleil... Je vais l'emporter, encore cuisant, dans mon sommeil...
      Je t'espère le tien repu du jour et confiant en demain.
      En te souhaitant tous les meilleurs...
      Lydaine.

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  13. Mon frère m'a conté il y a peu, une histoire incroyable à propos de la malice des renards...
    Je lui disais que mes poules naines, volants comme des oiseaux, se prêchaient pour dormir dans le gros noisetier de la basse cour... et qu'ainsi, elles seraient plus protégées en cas de visite de Goupil!!!
    Lui, grand amateur de nature et surtout de faune, (hélas chasseur) me raconta avoir assisté à une scène des plus cocasses! le renard a mis au point une technique qui consiste à tourner en rond juste en dessous du volatile.... celui-ci suit le mouvement jusqu'à en avoir le tournis et tomber!!! le renard n'a plus qu'à le ramasser et l 'emporter!!! Malin ,non?
    Merci pour ces photos qui demandent patience et attention...
    Bisous

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    1. J'ai déjà entendu cette histoire plusieurs fois et dois-je te l'avouer ? Je n'y crois guère...

      Mais elle est bien jolie (peut-être moins du point du vue des poules).

      Il n'y a pas que les renards qui se servent dans les poulaillers mal clos, les belettes et les fouines sont aussi de la fête. Ici il y a aussi des rapaces pour les plus jeunes. Parfois des chiens errants font des carnages.

      Inutile de préciser qu'il n'y a pas de poules dans mon environnement proche (j'adorerais ça, avoir quelques pondeuses).

      Bisous ma jolie

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    2. Les renards attrapent même les chats (je l'ai lu dans "le Chasseur Français" et y ai vu une affreuse photo prise à l'entrée d'un terrier.)
      Je t'ai sans doute déjà parlé d'Arnaldur Indriðason qui fait retrouver par son héros Erlendur des restes de son petit frère perdu en provenance d'une tanière... Finalement c'est ainsi la nature, pourquoi l'être humain serait-il à part ?

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaldur_Indri%C3%B0ason#Les_romans

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  14. Tu reviens doucement me dis-tu ...,?
    Tes petits chemins sont-ils rocailleux en ce moment ...tu m' inquiètes ..:-(
    De tout coeur je t'embrasse

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  15. Merci pour le poème de Guillevic (je t'ai déjà dit que c'est le patronyme de mon parrain aussi. D'ailleurs sa fille le trouvait un peu difficile à porter lors de ses études de lettres).
    J'ai appris après avoir publié la photo de la rose de Belleville qu'elle a été ramenée de Tunisie par un colocataire. Du coup, j'ai découvert la ville d'Ariana autrefois réputée pour ses roses et sa roseraie...

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ariana#Agriculture

    Je ne crois pas que la rose d'Ariana soit celle que j'ai montrée mais elle y ressemble et remonte à 1637. Dans le jardin de Belleville elle était défleurie lundi dernier, mais j'ai pu encore en sentir la fragrance sur une ou deux qui subsitaient...

    http://www.delcampe.net/page/item/id,217275957,var,TUNISIE-1997-Rose-dAriana--Neuf-MNH,language,E.html

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  16. Florence - Testé pour vous
    Oh non, pas photos de mauvaise qualité...on les voit bien, surtout quand on clique dessus...on voit tout bien...merci de nous faire partager de tels moments...je t'envie de voir tout ça, d'être là quand ça se passe, d'avoir la patience de revenir, de ne pas faire de bruit et hop, c'est dans la boite..ah oui, merci du fond du coeur

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