mardi 25 novembre 2014

Les gens d'ici, Eugène

En allant traîner mes sabots à la Pointe Saint-Mathieu (lieu magique), j'avais vu un homme qui semblait épuisé.




Comme j'avais craint qu'il  soit en difficulté j'étais allée vers lui.  


Dès qu'il avait vu l'appareil photo, il s'était relevé et il avait pris la pose, de face comme ça, attends je souris, c'est mieux non...



Eugène, comme Guillevic, un ancien paysan goémonier de 90 ans qui avait tourné dans 28 films (surtout des documentaires), dont une  fiction avec Marie Trintignant.
Une allure de prince déchu alors qu'il se reposait, une force de la nature lorsqu'il était debout. 
Un magnifique géant en harmonie les pierres du lieu.
Il était accompagné d'Yvonne, une jeune voisine avec laquelle il venait plusieurs fois par an nettoyer un vieil abreuvoir et les anciens lavoirs (souillés par les touristes) posés sur la pointe du bout du monde.

Il m'avait demandé mon prénom et il m'avait chanté la chanson douce qu'il avait inventée en 1983 à Ouessant pour l'autre Marie. Yvonne riait, tu ne changeras jamais Eugène, quel charmeur.

Ils m'avaient invitée à venir prendre le café de l'amitié dans la maison du prince, maison qui ne devait guère avoir changé depuis le 19ème siècle. Nous nous étions quittés à la presque nuit, le cœur  gonflé de chaleur, celle que provoque les rencontres essentielles.


Sous la flèche rouge, la maison d'Eugène :

Image web, il faudra cliquer pour agrandir...

17 commentaires:

  1. Pas un beau vieillard,mais un bel homme!
    Douce journée ma Mie

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    1. Je lui avais promis que je reviendrai le voir et puis avec tout ce qui m'est tombé dessus je ne l'ai pas fait...

      Il fait un temps à se pendre ici ma Cham et quand je songe qu'on en a jusqu'en avril, ça me fiche en l'air !

      Bises de nuit

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    2. Un remord à traîner, comme moi celui ne pas retourner voir un vieil homme rencontré dans le bois près de chez nous qui avait surgi de sa cabane alors que les enfants regardaient ses poules dans le poulailler. Nous avions parlé longtemps surtout lui, ancien marinier qui regardait la télé "jusqu'au bout de la nuit". Pui j'avais accouché de mon troisième et mon mari une fois était revenu avec des oeufs alors qu'il était allé dans ce coin avec les 2 grands. Je n'y suis jamais retournée, puis on a déménagé. Mon troisième a trente ans à présent.
      Eugène cependant ne semblait pas vivre dans la solitude...

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  2. Mon parrain s'appelait Guillevic, un homme humaniste et doux, un peu dépassé par sa flopée d'enfants qui, ainsi que sa femme, le couvaient de tendresse...

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  3. Il y a deux catégories de personnes : celle qui s'éteignent devant un objectif et celles qui flamboient. Les premières dont je fais partie ont besoin d'un oeil indulgent et patient, je dirais aimant. Dans la seconde catégorie il y a par exemple Adriana Karembeu que mon fils a interviewée pour une petite vidéo lors d'un open de golf...

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    1. C'est un peu moins qu'un remord, c'est un gros regret. Et ta rencontre avec le marinier généreux est belle aussi.
      Eugène habitait dans un hameau près de la pointe et comme de nombreux lieux touristiques, il n'était peuplé que l'été. Hors saison c'était particulièrement vide et sa jeune amie Yvonne (69 ans...) ne vivait là qu'une partie de l'année. Je ne pense pas qu'il ait eu des enfants.
      (J'ai ajouté une image glanée sur le web où on voit sa maison).
      J'ai cherché mon "prince" sur l'annuaire du téléphone et il n'y est plus. Il était très vieux et il ne s'épargnait pas alors...

      J'apprécie par dessous tout ces rencontres improbables qui déposent en nous des provisions de douceur pour les jours sans et je me demande parfois s'il m'est arrivé de laisser pareilles traces en d'autres.

      Tu as raison en ce qui concerne la "photogénie" et je me situe comme toi dans la catégorie des personnes pour lesquelles un regard aimant (la patience c'est moi qui ne l'ai pas) est nécessaire. J'ai toujours fui les objectifs. Il arrive pourtant qu'en regardant de vieilles (et rares) photos où j'apparais, je ne me trouve pas si mal (mais peut-être que jeunesse = beauté du diable...).

      Avec Adriana, tu n'as pas pris l'exemple le plus significatif... C'est vrai qu'il y a des gens qui irradient devant un objectif et d'autres qui ont une espèce de rayonnement intérieur seulement perceptible par ceux capables de le ressentir au plus profond d'eux-mêmes, (leurs semblables ?).

      Et il y en a qui possèdent les deux (les gros veinards).

      Guillevic est un patronyme qui est originaire du Morbihan. Le poète (qui irradie pour moi) était un homme fort laid qui a beaucoup souffert de son apparence. On peut donc transcender cette apparence qui parfois nous afflige, par autre chose de bien plus fort : les mots ???

      Tu devrais écrire sur ton parrain...

      Merci Minh de tes visites toujours si riches.

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  4. Le bout du monde en effet, on dirait même complètement isolé. Il y a de "l'Odyssée" dans ces lieux. Comment y venir et comment s'en échapper ?
    Le phare, les ruines, me rappellent les iles du Salut au large de Kourou en Guyane

    http://cergie.blogspot.fr/2009/12/ile-royale-guyane-le-phare-lighthouse.html

    Où il était aussi besoin d'un sémaphore

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  5. Un petit coucou.
    Eugène, un petit air de "Georges Wilson"..
    Bonne journée.
    A + ;o)

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    1. Un petit air, effectivement...

      Merci Daniel de votre visite

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  6. Eugene respire le partage comme bon nombre de ceux rencontres sur les chemins comme ceux que tu sais si bien decrire.
    La confiance reciproque, le temps coule, se reverra t'on?

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    1. C'est tout à fait ça Thérèse, la confiance. Mais juste avant il y a toutes ces possibilités qu'on peut lire dans un regard...

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  7. deux fois que je relis ton texte... le début d'un livre... j'attends la suite... c'est ça! je vais tourné la page et j'en saurais davantage... reviens sur tes pas, Marie... il est peut-être encore temps pour un café, un oeuf , une amitié... Demain??? non, il ne sera peut-être plus là.........
    Bises

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  8. Suite a ton commentaire, je pense y avoir remedie...

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